La justice espagnole s’active sur le dossier du projet d’électrification rurale ASER-AEE Power EPC, une affaire de 37 milliards de francs CFA, tandis qu’aucune poursuite n’est engagée au Sénégal. C’est le constat dressé par le député Thierno Alassane Sall lors de la séance plénière de l’Assemblée nationale, comme on peut le voir dans une vidéo diffusée sur YouTube par dakaractu.
L’élu s’exprimait à l’occasion de l’examen du projet de loi autorisant le Président de la République à ratifier la Convention d’entraide judiciaire en matière pénale entre le Sénégal et la Gambie, signée à Dakar le 12 mars 2020. Il a saisi cette occasion pour dénoncer un paradoxe : le Sénégal s’apprête à coopérer avec un État voisin sans pour autant instruire ses propres dossiers sensibles.
Thierno Alassane Sall suit ce dossier de près. En juin dernier, il avait déjà tenu une conférence de presse au cours de laquelle il affirmait détenir des relevés bancaires de Banco Santander. Selon lui, ces documents montraient que plus de 30 milliards de francs CFA avaient quitté les comptes d’AEE Power EPC en seulement 48 jours après le décaissement de 37 milliards, le 11 juin 2024.
Parallèlement, la société AEE Power Sénégal a introduit en mars dernier une requête en rabat de l’arrêt n°04 du 21 janvier 2026 de la Cour suprême, relançant la bataille judiciaire autour des marchés d’électrification rurale.
À l’Assemblée, le député a exhorté le gouvernement à activer la justice nationale, estimant que la passivité actuelle est d’autant plus incompréhensible que des éléments accablants circulent. La convention d’entraide judiciaire entre le Sénégal et la Gambie est en attente de ratification depuis sa signature le 12 mars 2020.

