Au terme d’une détention d’un an et vingt jours, Maodo Malick Mbaye a retrouvé la liberté. L’ex-patron de l’Agence nationale de la Maison de l’Outil (Anamo) s’est vu accorder, le mardi 11 août 2026, une liberté provisoire assortie d’un contrôle judiciaire et du port d’un bracelet électronique.
Sous mandat de dépôt, Maodo Malick Mbaye avait été inculpé dans le cadre de l’enquête menée par le Pool judiciaire financier (PJF). Les poursuites portaient sur des marchés présentés comme fictifs et un détournement présumé de deniers publics, chiffré à 619 millions de francs CFA.
Ses avocats ont multiplié les initiatives pour tenter de le faire libérer. Une première requête a été déposée immédiatement après l’incarcération, mais le ministère public a demandé qu’elle soit rejetée. Le juge d’instruction avait pourtant rendu deux avis favorables à la liberté provisoire, qui n’ont toutefois pas abouti en raison de l’opposition du procureur de la République.
Sur le fond, l’ancien directeur général a toujours contesté les charges retenues contre lui. Selon Oumar Ndiaye, l’un de ses conseils, son client n’a pas détourné le moindre franc. La défense met en avant un document qu’elle juge décisif : les comptes de l’exercice 2023, période couverte par l’enquête. D’après L’Observateur, les avocats soulignent que cette pièce, fournie par l’Agent comptable, pourrait fragiliser les accusations. Ils ajoutent que la Cour des comptes aurait validé définitivement les comptes de gestion des comptables publics, ce qui exclurait toute irrégularité, et dénoncent ce qu’ils considèrent comme des « incongruités » dans le dossier. Un rapport d’un corps de contrôle n’aurait pas visé Maodo Malick Mbaye sur plusieurs griefs retenus contre lui, selon la défense. L’affaire couvre une période comprise entre août et novembre 2024.
Mais au fil de la détention, la question médicale s’est imposée. Dès le 4 août 2025, le médecin militaire et le chef de l’administration pénitentiaire avaient attiré l’attention sur son état de santé. Un rapport médical versé au dossier a fait état de problèmes de santé difficilement conciliables avec une incarcération prolongée. Parmi les pathologies diagnostiquées figurent des troubles du sommeil, une neuropathie, une ostéonécrose des têtes fémorales et un adénome prostatique. Le pavillon spécial chargé des détenus nécessitant des soins a également produit des observations allant dans le même sens.
Selon dakaractu, la décision de libération a été influencée par le rapport médical ainsi que par les arguments de fond soulevés par la défense. Le 11 août, l’ancien patron de l’Anamo a quitté la détention, mais demeure soumis à un contrôle judiciaire et au port d’un bracelet électronique. La procédure se poursuit devant le Pool judiciaire financier.
