Mamadou Ibra Kane tacle les priorités du Sénégal après l’annonce ivoirienne de 80 milliards

La Côte d’Ivoire a annoncé la mobilisation de 80 milliards de dollars, soit près de 47 820 milliards de francs CFA, pour financer son Plan National de Développement 2026-2030. Le président Alassane Ouattara a rendu publique cette performance dans une publication sur les réseaux sociaux. Une enveloppe quatre fois supérieure aux besoins exprimés pour ce plan.

L’annonce a provoqué une réaction acerbe de Mamadou Ibra Kane, leader du mouvement Demain C’est Maintenant. Selon Senegal7, il a estimé que le Sénégal « se trompe d’urgences et de priorités » et que l’exécutif « se trompe de mandat ».

L’ancien journaliste a pointé l’affaire dite de la « dette cachée » qui aurait fait perdre un temps précieux au pays. Selon lui, sans cette polémique, le Sénégal figurerait aujourd’hui parmi les nations émergentes et la « Vision Sénégal 2050 » aurait pu attirer 100 milliards de dollars de financements. « Nous avons perdu et continuons de perdre du temps », a-t-il ajouté, déplorant que le pays recule pendant que ses voisins avancent. Pourtant, la Vision Sénégal 2050, chère au président Bassirou Diomaye Faye, vise justement à refonder le modèle productif sur la souveraineté et la justice sociale, un cap qui s’appuie davantage sur les ressources propres du pays. La puissance publique a ainsi levé 1 779 milliards de F CFA en 2025, exclusivement sur le marché national, avec un quatrième appel public à l’épargne largement sursouscrit, preuve de la confiance intacte des investisseurs locaux.

Mamadou Ibra Kane a également dénoncé l’enlisement politique qui mine le Sénégal depuis 2021. Il parle d’une « guerre nationale » aux lourdes conséquences humaines, économiques et sociales. Il a déploré que les querelles intestines fassent fuir les partenaires étrangers, ces derniers ne comprenant plus ce qui se passe au Sénégal. « Même une guerre mondiale a une fin », a-t-il écrit, dans une formule triviale en wolof reprise dans son texte.

Celui qui signe ses interventions du surnom MIK a appelé à mettre fin au « projet de destruction nationale ». « Le Progrès est dans la Paix », a-t-il martelé, avant de conclure par son slogan : « Demain c’est maintenant » et le hashtag #mik.

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