Mali : le groupe jihadiste Jnim exécute 18 prisonniers, crime de guerre

Des images diffusées par les jihadistes montrent des soldats maliens désarmés, assis ou allongés dans le sable, exécutés sommairement de plusieurs rafales. Ces 18 militaires avaient été capturés le 18 juillet dans la zone de Tabrichat, dans la région de Kidal, au terme d’une attaque contre un convoi de l’armée malienne.

Leur camion s’était ensablé à l’arrière du convoi qui reliait Anéfis à Gao, rapportent des sources au sein de groupes armés alliés de Bamako, citées par RFI Afrique. Les soldats s’étaient rendus, mais les jihadistes du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (Jnim) ont violé les principes les plus élémentaires du droit international humanitaire. L’exécution de prisonniers de guerre est un crime de guerre.

Sur le terrain, le Jnim et les indépendantistes du Front de libération de l’Azawad (FLA) ont attaqué conjointement, mais chacun de son côté, précise un chef militaire du FLA. Ce dernier affirme que ses combattants n’ont pas exécuté de prisonniers et annonce la capture d’une vingtaine de soldats maliens lors de cette embuscade. Ils s’ajoutent aux plus de 200 déjà détenus par le FLA, qui cherche à cultiver l’image d’un mouvement respectueux des droits humains.

Cette nouvelle attaque s’inscrit dans une offensive coordonnée que les deux groupes mènent depuis début juillet dans le nord du Mali. Début juillet, des combats intenses avaient déjà eu lieu à Anéfis, localité stratégique sur l’axe de Kidal, où des soldats maliens avaient été faits prisonniers et où les forces gouvernementales, appuyées par l’Africa Corps russe, demeuraient retranchées.

Parmi les jihadistes ayant participé à l’exécution, plusieurs sources identifient clairement Hamza Ag Iyad, l’un des fils d’Iyad Ag Ghaly, le chef du Jnim. Cette exécution intervient alors que le Jnim tente depuis des mois de gagner en « respectabilité » aux yeux de l’opinion malienne. Un notable de Kidal, favorable au régime de transition, réagit avec colère : « Voilà l’industrie du crime qui prétend diriger le Sahel. »

L’armée malienne n’a pas communiqué de bilan détaillé de l’attaque. De son côté, le FLA invite les organisations internationales à venir vérifier les conditions de détention des militaires maliens qu’il détient.

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