« Nous avons vu des camions de nourriture arrêtés » : le Mali confronté au blocus de Bamako

Au Mali, une nouvelle série d’attaques vise à la fois les infrastructures sécuritaires et l’approvisionnement de Bamako. Un groupe lié à al-Qaïda a pris d’assaut la prison centrale de Kénieroba, tandis que des camions transportant des denrées vers la capitale ont été incendiés, sur fond de violences accrues dans plusieurs régions du pays.

Selon les informations rapportées par Al Jazeera, des combattants du Jama’at Nusrat al-Islam wal-Muslimin (JNIM) ont attaqué mercredi la prison centrale de Kénieroba, un complexe récemment construit situé à environ 60 kilomètres au sud-ouest de Bamako. Le correspondant Nicolas Haque a indiqué que l’établissement accueille 2.500 détenus, dont au moins 72 prisonniers considérés comme « à haute valeur » par l’État malien. Il a également précisé que les forces armées maliennes repoussaient l’attaque.

Parmi les détenus figurent des combattants du JNIM ainsi que plusieurs personnes arrêtées après les attaques à grande échelle menées fin avril par ce groupe armé et par les séparatistes touaregs du Front de libération de l’Azawad (FLA). Ces offensives coordonnées, menées les 25 et 26 avril dans plusieurs villes, ont visé des bases militaires et des zones résidentielles où vivent de hauts responsables. Le groupe a aussi pris le contrôle de la ville de Kidal, dans le nord du Mali. Selon le contenu source, l’une de ces attaques a coûté la vie au ministre malien de la Défense, Sadio Camara, et à sa famille à Kati, près de Bamako. Au moins 23 autres personnes ont également été tuées.

D’après Al Jazeera, cette séquence a été suivie d’une vague d’arrestations visant d’anciens et actuels militaires, des membres de la société civile, des avocats et des opposants, tous accusés de collusion avec des combattants liés à al-Qaïda. Des sources sécuritaires citées par l’AFP ont indiqué que les figures de l’opposition Mountaga Tall, Youssouf Daba Diawara et Moussa Djire figurent parmi les personnes enlevées. Selon des proches et des sources sécuritaires citées par l’agence, Mountaga Tall a été arrêté le 2 mai à Bamako par des hommes cagoulés, soupçonné d’avoir participé à un projet de renversement du pouvoir militaire avec des opposants réunis à Dakar.

Le parquet militaire avait annoncé le 1er mai disposer de « preuves solides » de la complicité de certains militaires dans la « planification, coordination et exécution » des attaques. Mardi, le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme a aussi fait état d’informations « extrêmement préoccupantes » sur des exécutions extrajudiciaires et des enlèvements attribués à des membres des forces de sécurité après ces événements.

Le JNIM a par ailleurs appelé les Maliens à se soulever contre les autorités et à instaurer la loi islamique. Le groupe a aussi promis d’assiéger Bamako. Al Jazeera rapporte que des combattants armés de mitrailleuses de 12,7 mm montées sur des motos ont stoppé le trafic entrant et sortant, en interceptant notamment des camions de vivres. Le 3 mai, le maire du village de Diafarabé, dans la région de Mopti, a appelé les autorités à agir, affirmant que la localité n’avait plus de nourriture.

Votre avis sera publié et visible par des milliers de lecteurs. Veuillez l’exprimer dans un langage respectueux.

Laisser un commentaire