Le Mali est-il en train de perdre le contrôle du Nord ? Ce week-end, les jihadistes du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM) et les indépendantistes du Front de libération de l’Azawad (FLA) ont lancé de nouvelles attaques coordonnées du nord au sud du pays, rapporte Afrik.com, confirmant des informations de l’Agence France-Presse (AFP).
D’après ces sources, les combats étaient particulièrement intenses à Anéfis, localité stratégique sur l’axe menant vers Kidal. À la mi-journée, la ville restait sous le contrôle des groupes armés. Des militaires maliens ont été faits prisonniers, tandis que les Forces armées maliennes (FAMa), appuyées par des combattants russes de l’Africa Corps, demeuraient retranchées dans leur camp. Des hélicoptères déployés pour évacuer les blessés n’ont pas pu se poser en raison de l’insécurité aux abords du camp.
Du côté de Bamako, la junte a diffusé un tout autre récit. Selon Sahel Tribune, qui relaye les communiqués officiels, « toutes les attaques ont été repoussées » et « 26 terroristes neutralisés ». RFI Afrique a également relayé ces informations. Le quotidien L’Aube, proche du pouvoir, dénonce lui une « internationalisation du conflit », évoquant la présence de mercenaires algériens, d’éléments du Front Polisario, de vétérans syriens ou afghans et même d’instructeurs ukrainiens, dans une logique de guerre indirecte contre la Russie. Le journal accuse aussi d’anciens légionnaires français de coordonner des « cellules dormantes ».
Cette nouvelle offensive accentue la pression sur le général Assimi Goïta. Le Monde Afrique note qu’Anéfis est un verrou stratégique : sa perte menace directement Gao, à 240 km au sud, et pourrait ouvrir la route vers Tombouctou. « Si la prise d’Anéfis se confirme, Gao sera en danger », estime un bon connaisseur de la zone cité par le quotidien.
Pour le site guinéen Ledjely, la dégradation sécuritaire s’accélère depuis septembre 2025. Le Mali, « de plus en plus déconnecté des ambitions régionales qu’il portait », se retrouve dans une « impasse ». Sans réformes profondes de gouvernance et de justice, les frustrations socio-économiques continueront d’alimenter la violence, analyse le site.
Ces attaques surviennent deux mois et demi après une première offensive d’envergure qui, en avril 2026, avait coûté la vie au ministre malien de la Défense, Sadio Camara.
