Sahel : chassés militairement en 2024, les États-Unis reviennent vers les pays de l’AES avec une nouvelle approche

Les relations entre Washington et les capitales de l’Alliance des États du Sahel (AES) amorcent une phase de dégel. Après plusieurs années de tensions diplomatiques et de ruptures sécuritaires, un haut responsable américain vient de boucler une tournée à Bamako, Ouagadougou et Niamey pour présenter la nouvelle stratégie de son pays.

Nick Checker, haut responsable du bureau des Affaires africaines du département d’État américain, a achevé son déplacement sahélien par le Niger. Vendredi, il a été reçu à Niamey par le ministre nigérien des Affaires étrangères, Bakary Yaou Sangaré, et par le Premier ministre, Ali Mahamane Lamine Zeine. Selon les informations rapportées par l’agence Anadolu, l’émissaire est venu exposer la « nouvelle vision » de Washington. Un communiqué de la diplomatie nigérienne publié samedi précise que les deux parties ont exprimé leur volonté de « relancer la coopération sur de nouvelles bases et d’œuvrer au rétablissement de la confiance », lors d’échanges tenus dans un climat de respect mutuel.

Les discussions ont principalement ciblé la coopération économique et commerciale, ainsi que la lutte contre le terrorisme. Cette étape nigérienne fait suite à des visites au Mali début février, puis au Burkina Faso. À Ouagadougou, Nick Checker a rencontré mercredi le chef de la diplomatie burkinabè, Karamoko Jean-Marie Traoré, avec un ordre du jour similaire axé sur la relance des échanges et la collaboration sécuritaire.

Cette initiative diplomatique intervient après une période de gel. Entre 2020 et 2023, suite à l’arrivée au pouvoir de militaires dans ces trois pays, les États-Unis avaient suspendu une grande part de leur aide au développement et de leur coopération militaire. La situation avait culminé au Niger en septembre 2024, avec le départ exigé et obtenu des soldats américains engagés dans la lutte antiterroriste.

Cette démarche coïncide avec le retour du président Donald Trump au pouvoir début 2025. L’administration américaine affirme désormais vouloir placer la « diplomatie commerciale » au centre de son engagement sur le continent africain. En face, le Mali, le Burkina Faso et le Niger évoluent sous la bannière de l’AES, une confédération prônant une politique souverainiste et anti-impérialiste. Ces trois pays restent par ailleurs confrontés aux violences de groupes liés à Al-Qaïda et à l’organisation État islamique, qui continuent de déstabiliser de vastes zones du Sahel.

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