Mali : HRW accuse Africa Corps d’avoir tué neuf civils dans la région de Mopti

À Bombori, dans la région de Mopti, au centre du Mali, neuf civils ont été tués lors d’une opération que Human Rights Watch attribue principalement aux combattants russes d’Africa Corps. Les faits se seraient déroulés le 10 juillet dans le quartier peul du village, avec la participation de soldats maliens.

Le bilan comprend quatre mineurs. Les plus jeunes victimes étaient âgées de six ans. Des dizaines d’habitants auraient aussi été battus, tandis que des maisons auraient été pillées puis incendiées pendant l’intervention.

Une opération menée contre un groupe lié à Al-Qaïda

Selon les éléments recueillis par l’ONG, l’opération visait probablement à obtenir des informations sur le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans, lié à Al-Qaïda. Des témoins ont affirmé que ce groupe contrôlait le village depuis neuf ans.

Cette mise en cause intervient alors qu’Africa Corps a succédé au groupe Wagner sur plusieurs théâtres africains après la mort d’Evguéni Prigojine. La structure est placée sous un pilotage plus étroit du ministère russe de la Défense et son déploiement au Mali, au Burkina Faso et au Niger s’est accéléré en 2024.

Les combattants russes opèrent aux côtés des Forces armées maliennes, tout en étant formellement distincts des soldats maliens. Les régions de Mopti et de Ségou sont marquées par des affrontements entre l’armée, le JNIM et des milices d’autodéfense communautaires.

Human Rights Watch avait déjà documenté des exactions imputées aux forces maliennes et à leurs partenaires russes, notamment lors du massacre de Moura en mars 2022. Dans un rapport publié le 29 juin, l’organisation a également recensé des violences commises par le JNIM, l’armée malienne et Africa Corps depuis les attaques d’avril.

Les autorités de transition maliennes contestent régulièrement les conclusions de l’ONG et présentent les opérations militaires comme des actions de lutte contre le terrorisme. Le retrait de la MINUSMA, achevé fin 2023, a réduit les capacités d’observation internationale sur le terrain.

Comme l’écrit PressAfrik, Human Rights Watch demande aux autorités maliennes d’ouvrir une enquête indépendante et d’établir les responsabilités dans la mort des neuf civils. Africtelegraph rapporte également cette demande d’enquête.

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