HRW : à Bombori, neuf civils tués lors d’une opération surtout menée par Africa Corps

Human Rights Watch accuse les combattants russes de l’Africa Corps d’avoir tué neuf civils à Bombori, dans la région de Mopti, au centre du Mali. Les faits se seraient déroulés le 10 juillet dans le quartier peul du village, lors d’une opération conduite avec des soldats maliens.

Le bilan comprend quatre mineurs. Les plus jeunes victimes étaient âgées de six ans. Des dizaines d’habitants auraient également été battus. Des maisons ont été pillées puis incendiées au cours de l’intervention.

L’opération de l’Africa Corps à Bombori visait probablement à recueillir des informations sur le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans, lié à Al-Qaïda. Des témoins ont déclaré à l’ONG que ce groupe contrôlait le village depuis neuf ans.

Cette opération intervient dans un contexte de violences récurrentes visant les civils. Dans un rapport publié le 29 juin, Human Rights Watch recensait déjà des exactions commises depuis les attaques d’avril par le Jnim, mais aussi par l’armée malienne et ses supplétifs russes de l’Africa Corps. L’affaire de Bombori prolonge donc une dynamique dans laquelle les populations sont prises entre les attaques jihadistes et les opérations des forces censées les protéger.

Le rapport souligne toutefois le faible nombre de militaires maliens engagés sur le terrain. Plus d’une centaine de combattants russes étaient présents, contre seulement trois ou quatre soldats maliens, principalement affectés à l’interprétation.

Cette configuration alimente les interrogations sur l’autonomie des paramilitaires russes et sur la chaîne de responsabilité. Ilaria Allegrozzi, autrice du rapport, estime qu’il faut pouvoir déterminer qui a donné les ordres, qui a commis les crimes et qui doit rendre des comptes.

La gravité des accusations dépasse par ailleurs le seul bilan de Bombori. En mai, l’Africa Corps a été accusé d’avoir utilisé des armes à sous-munitions à Kidal, faisant un mort et plusieurs blessés. Il s’agirait de la première utilisation de ce type d’armes prohibées par l’armée malienne et ses supplétifs depuis 2012.

Selon RFI Afrique, Human Rights Watch estime que les civils maliens restent exposés aux violences des groupes armés islamistes comme à celles des forces déployées pour les protéger. Dans son rapport publié le 20 août 2026, l’ONG indique qu’aucun combattant du Jnim ne se trouvait à Bombori au moment de l’opération.

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