Human Rights Watch dénonce les frappes d’Africa Corps : 8 civils tués à Kirnya

Le 15 juin 2026, le village de Kirnya, dans la région de Mopti au Mali, a été le théâtre de frappes aériennes dévastatrices. Menées par un avion Soukhoï Su-24 de l’Africa Corps, une force paramilitaire sous contrôle russe partenaire de l’armée malienne, ces attaques se sont produites un jour de marché, alors que la localité était bondée de commerçants et d’habitants. Selon un rapport publié ce vendredi 31 juillet par Human Rights Watch, et relayé par dakaractu, les huit personnes tuées étaient toutes des civils.

L’ONG de défense des droits humains a mené une enquête approfondie, recueillant les témoignages de résidents, de militaires maliens et de membres de la société civile. Il en ressort que le village était sous le contrôle du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), affilié à Al-Qaïda, depuis six ans. Le jour des frappes, une centaine de jihadistes, dont un haut commandant, se trouvaient à Kirnya, principalement rassemblés à la mosquée et devant un magasin proche du marché aux bestiaux. Mais les bombes ont ciblé les abords de la résidence du chef du village et le marché lui-même. Résultat : trois enfants de moins de dix ans, une femme de 24 ans et quatre hommes ont perdu la vie, sans qu’aucun combattant ne soit touché.

Human Rights Watch qualifie ces frappes d’« indiscriminées » et souligne qu’elles violent les principes fondamentaux du droit international humanitaire. Celui-ci interdit les attaques qui ne distinguent pas civils et combattants, ou qui causent des pertes civiles disproportionnées par rapport à l’avantage militaire attendu. L’organisation rapporte que l’Africa Corps a pourtant revendiqué l’opération le 23 juillet sur les réseaux sociaux, affirmant avoir visé avec succès un « rassemblement de groupes terroristes » et tué plusieurs chefs. Le ministère russe de la Défense, sollicité à plusieurs reprises, n’a jamais répondu.

Ces révélations s’ajoutent à une série noire pour les populations civiles maliennes. Le 18 mai dernier, au moins dix personnes avaient été tuées par des frappes de drone à Téné, dans la région de San, alors qu’un mariage collectif traditionnel se préparait.

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