Les États-Unis saluent le retrait du Tchad de la CPI, en pleine crise après la destitution de Karim Khan

La Cour pénale internationale (CPI) traverse une zone de turbulences. En l’espace de quelques jours, cinq pays ont annoncé leur retrait de cette juridiction, dont le Tchad, dernier en date. Cette hémorragie accentue la crise d’une institution déjà affaiblie par la destitution de son procureur général, Karim Khan.

Les États-Unis ont immédiatement salué la décision tchadienne. Dans un communiqué diffusé sur X, le Bureau américain des affaires africaines a qualifié la CPI d’« institution défaillante et imparfaite », promettant de lutter contre « un usage excessif et abusif » de ses pouvoirs, rapporte la BBC. Washington y voit un signe de la volonté des nations de reprendre le contrôle de leur souveraineté.

Cette annonce survient alors que la CPI est secouée par une crise interne. Karim Khan a été démis de ses fonctions il y a quelques jours, suite à des allégations de fautes professionnelles. L’ancien procureur, qui avait requis des mandats d’arrêt contre le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, dénonce une éviction dictée par des considérations politiques.

Le retrait du Tchad n’est pas sans lien avec la guerre au Soudan voisin. L’armée soudanaise et plusieurs organisations humanitaires accusent N’Djamena de fournir des armes aux paramilitaires des Forces de soutien rapide (RSF), en provenance des Émirats arabes unis. Le gouvernement tchadien rejette ces allégations, alors que toutes les parties au conflit sont soupçonnées de crimes de guerre.

Ce mouvement de défiance envers la CPI touche principalement des régimes militaires au Sahel. Le Mali, le Niger et le Burkina Faso, dirigés par des juntes, ont annoncé leur retrait fin juin 2026, dans une volonté de s’éloigner des puissances occidentales. Le Burundi avait ouvert la voie en 2017, suivi des Philippines en 2019. Parallèlement, les États-Unis cherchent à renouer avec ces pays. En mars 2026, un haut responsable du Bureau des affaires africaines a effectué une tournée à Bamako, Ouagadougou et Niamey pour exposer une nouvelle stratégie de coopération.

Créée en 2002, la CPI compte 125 États membres, dont 34 africains. Elle ne dispose d’aucun pouvoir de coercition, et de grandes puissances comme les États-Unis, la Chine ou la Russie n’en reconnaissent pas la compétence.

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