Le Sénégal prépare un nouveau code minier et annonce une transformation locale accrue des phosphates

À l’horizon 2029, le gouvernement sénégalais veut modifier la gestion des ressources extractives en misant sur un nouveau code minier Sénégal et sur une transformation accrue des minerais sur place.

Lors de sa déclaration de politique générale, le Premier ministre Mouhamadou Al Amine Lo a présenté une orientation centrée sur la souveraineté économique. La revue des contrats miniers se poursuit, avec une trentaine de conventions en cours de renégociation par la Commission ad hoc créée en juillet 2024.

Les autorités disent vouloir préserver la sécurité juridique des investisseurs tout en défendant l’intérêt national. Pour les futurs partenariats public-privé, l’évaluation devra notamment reposer sur « la vérité des coûts et des risques », avec une attention portée aux engagements budgétaires à long terme.

Le gouvernement prévoit l’adoption d’un nouveau code minier avant la fin de 2026. L’audit des titres miniers doit également être finalisé, tandis qu’un fonds destiné à la réhabilitation des sites et des carrières est annoncé. Le cadastre minier et le fonds d’appui au développement local figurent aussi parmi les chantiers cités.

La transformation locale constitue l’autre axe annoncé. Le fer, les phosphates et l’or doivent être davantage traités au Sénégal. La participation de l’État sera consolidée et l’accès du secteur privé national aux titres ainsi qu’aux activités d’exploitation doit être élargi.

Dans une analyse publiée par dakar92, le Premier ministre indique que les contrats seront suivis un par un, avec une publication annuelle des taux de réalisation. Le gouvernement vise environ 600 milliards de FCFA de recettes minières annuelles en 2029, contre 370 milliards en 2019. La valeur ajoutée du secteur est, elle, projetée à 3 606 milliards de FCFA, contre 1 969 milliards, avec un taux de transformation locale fixé à 50 %.

Une stratégie nationale consacrée à l’optimisation de l’exploitation des phosphates est également annoncée. Un pôle industriel couvrant le Nord-Est et Diourbel-Louga doit être orienté vers les phosphates et les engrais. À Matam, un projet industriel intégrant un centre de recherche et une université est présenté parmi les projets miniers majeurs.

Le phosphate est actuellement exporté brut et pourrait être transformé en engrais pour l’agriculture sénégalaise. Cette perspective avait été avancée le 28 juillet 2026 lors du lancement de l’élaboration de la stratégie nationale sur les minéraux critiques, avec l’appui technique du Forum intergouvernemental sur l’exploitation minière.

L’atelier de lancement de cette stratégie avait été présidé par le directeur de cabinet Mamané Djitté.

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