Mines et carrières : le nouveau dispositif de traçabilité validé pour encadrer une substance à haut risque

L’industrie extractive sénégalaise a connu une expansion continue au cours des deux dernières décennies. Pour s’adapter à la multiplication des chantiers et des opérateurs, les autorités finalisent une mise à jour réglementaire visant à sécuriser les pratiques industrielles sur les sites d’exploitation, en remplaçant un cadre juridique devenu obsolète depuis la fin des années 1980.

Selon les informations rapportées par le journal Sud Quotidien, un atelier de partage et de validation s’est tenu le mardi 24 mars. L’expert minier Ndiakh Lakh y a présenté un projet de décret destiné à encadrer l’utilisation des explosifs à usage civil. Cette initiative répond aux transformations induites par l’adoption du code minier de 2003, sa réforme en 2016, ainsi que par les nouveaux cadres juridiques régissant le pétrole (2019) et le gaz (2020).

Le futur texte, officiellement nommé « décret réglementant les substances explosives au Sénégal », élargit son champ d’application à l’ensemble des activités liées à ces produits. Il prévoit la création d’une Commission de réglementation des produits explosifs. Cet organe central aura pour mission de coordonner les décisions, d’assurer les contrôles techniques et administratifs, et d’harmoniser les inspections entre les différentes administrations de l’État.

Le projet instaure des obligations strictes en matière de marquage et de traçabilité. Chaque produit explosif devra être identifiable de sa fabrication à son utilisation finale. L’homologation deviendra systématique pour les explosifs, les véhicules de transport et les équipements de mise à feu. Parallèlement, le personnel manipulant ces substances devra obligatoirement être formé et certifié.

Sur le plan de la sécurité des installations, le décret impose de nouvelles contraintes aux opérateurs : la souscription à des assurances spécifiques, l’élaboration de plans opérationnels de gestion, ainsi que l’installation de systèmes de détection et de surveillance vidéo continue sur les sites sensibles, accompagnés d’études de sécurité préalables.

Enfin, le dispositif vise à corriger les disparités de conformité actuellement observées entre les grandes entreprises minières et les exploitants de carrières. Le texte prévoit un renforcement du reporting et de l’archivage, assorti de sanctions progressives en cas d’infraction, pouvant aller de la suspension temporaire à la fermeture définitive des exploitations.

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