Près d’un mois après son départ de la Primature et son élection à la présidence de l’Assemblée nationale, Ousmane Sonko entend désormais concentrer toute son action sur le renforcement du pouvoir législatif. Dans un entretien accordé à RFI et France 24, l’ancien Premier ministre a insisté sur la nécessité pour chaque institution de jouer pleinement son rôle, tout en écartant l’idée d’une crise susceptible de fragiliser le Sénégal.
Interrogé sur les divergences qui l’opposent depuis plusieurs mois au président Bassirou Diomaye Faye, Sonko a d’abord tenu à rassurer l’opinion. Selon lui, les désaccords observés relèvent davantage de divergences politiques ou programmatiques que d’une véritable querelle personnelle.
« Je ne pense pas qu’il y ait querelle. Le Sénégal est plus grand que les divergences politiques que nous pouvons avoir », a-t-il affirmé, estimant qu’aucune « déchirure » du pays n’est à craindre.
L’ancien chef du gouvernement considère par ailleurs que son départ de la Primature appartient désormais à « l’histoire politique du Sénégal » et refuse d’analyser cet épisode sous l’angle d’une stratégie personnelle en vue de l’élection présidentielle de 2029.
Pour lui, l’essentiel est ailleurs. Ousmane Sonko a rappelé la confiance accordée par les Sénégalais au projet porté par le Pastef, d’abord lors de l’élection présidentielle de 2024, puis lors des législatives ayant offert à la coalition au pouvoir une large majorité parlementaire.
Fort de cette légitimité, le nouveau président de l’Assemblée nationale affirme vouloir redonner à l’institution parlementaire toute sa place dans l’architecture institutionnelle du pays.
« Désormais, mes énergies vont être concentrées sur le fait de donner à cette institution-là le rôle et la place qui sont la sienne », a-t-il déclaré.
Sans remettre en cause l’action du chef de l’État ou du gouvernement, Sonko a toutefois insisté sur la complémentarité des pouvoirs. Une déclaration qui sonne comme la volonté de voir le Parlement exercer pleinement ses prérogatives de contrôle et d’évaluation de l’action publique.
« L’exécutif fera ce qu’il doit faire en vertu de ses pouvoirs constitutionnels. Le législatif le fera de manière complémentaire », a-t-il expliqué.
Le président de l’Assemblée nationale a également souligné que la réussite du mandat en cours constituait une responsabilité collective. Refusant de se désolidariser du bilan du pouvoir qu’il a contribué à installer, il a rappelé avoir dirigé le gouvernement pendant deux ans avant de souhaiter « tout le succès » à la suite du mandat pour le bonheur du peuple sénégalais.

