Le PADESS : l’autonomisation économique ne peut être durable sans un environnement social favorable

Le Programme d’appui au développement économique et social du Sénégal (PADESS) veut tirer les enseignements de ses interventions afin d’orienter les prochaines politiques en faveur des femmes et des jeunes.

À l’ouverture d’un forum scientifique consacré à la transformation de l’autonomisation, Baye Amadou Racine Ndiaye, représentant la ministre de la Famille, de l’Action sociale et des Solidarités, a défendu une approche qui dépasse le seul soutien financier. Le forum a placé l’autonomisation économique des femmes au cœur d’une réflexion associant compétences, accès aux actifs productifs, débouchés, technologies, infrastructures et services sociaux de base.

Le responsable a rappelé que cette orientation s’inscrit dans la dynamique de « Sénégal 2050 » et dans la volonté du président Bassirou Diomaye Faye de renforcer la place des femmes dans l’économie. Il a également évoqué un projet de loi d’orientation présenté en Conseil des ministres, qui prend notamment en compte les violences basées sur le genre, les droits des femmes, leur employabilité, leur leadership et leur participation aux sphères de décision.

Pour Baye Amadou Racine Ndiaye, le forum devait servir à la capitalisation des acquis, au dialogue scientifique et à la réflexion prospective, plutôt qu’à une simple clôture. Il a insisté sur le lien entre les revenus, l’accès aux services et les conditions sociales dans lesquelles les bénéficiaires évoluent. Les interventions du PADESS illustrent concrètement cette approche : lancé en février 2017 avec un budget global de plus de 11 milliards de francs CFA, le programme a été mis en œuvre jusqu’en 2026 dans trois régions, 11 départements et 27 communes, en combinant appui économique et investissements sociaux.

Le programme recense 47 infrastructures sociales construites et équipées pour 3,046 milliards de francs CFA, 8 028 ménages vulnérables bénéficiaires de bourses économiques pour près de 916 millions de francs CFA, ainsi que 748 projets de MPME financés. À Dakar, 2 351 156 485 francs CFA ont été investis. Sur cette enveloppe, 817 638 137 francs CFA ont financé treize infrastructures sociales de base : quatre écoles, deux centres d’éveil, cinq postes de santé et deux maisons de la femme.

Ces investissements montrent que l’autonomie économique ne se résume pas à l’octroi d’un financement individuel. Elle dépend aussi de la possibilité, pour les femmes et les ménages, d’accéder à une école, à un poste de santé, à des services d’éveil ou à des espaces dédiés à leur accompagnement. C’est dans cette articulation entre revenus, équipements collectifs et débouchés locaux que le PADESS entend inscrire ses acquis.

Dans cette perspective, la réussite des politiques publiques repose, selon le représentant, sur la coordination de l’État, des collectivités territoriales, des partenaires au développement, du secteur privé, des organisations communautaires et des bénéficiaires (EMedia).

La photo de l’événement est signée Cheikh Mbaye.

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