Le ministère alerte sur 320 milliards d’arriérés liés à Senelec et un risque de pénurie

Le Fonds spécial de soutien au secteur de l’énergie a consommé tous les crédits attribués dans la loi de finances initiale 2026 : son enveloppe de 250 milliards de FCFA est épuisée.

Dans ses réponses aux députés, dont dakar92 rapporte le contenu, le ministère de l’Économie, des Finances et du Plan met en garde contre un risque de rupture d’approvisionnement en carburant et de délestages. Le non-paiement des subventions pourrait compromettre l’approvisionnement du marché en produits pétroliers, ainsi que celui des carburants nécessaires à la production d’électricité.

La menace est déjà visible sur le réseau. Depuis le début du mois de septembre, les coupures se sont multipliées à Dakar et dans plusieurs autres localités, avec des interruptions parfois longues et fréquentes. Senelec les attribue à des difficultés cumulées : l’entreprise reste largement dépendante du fuel pour produire son électricité, malgré le recours au gaz naturel liquéfié depuis 2020. Le prix du pétrole est passé de 60 à 100 dollars le baril ces derniers mois, dans le contexte de la guerre avec l’Iran, alourdissant les charges du fournisseur public.

Les arriérés liés aux pertes commerciales et aux achats de combustibles de Senelec atteignent environ 320 milliards de FCFA, sans compter les dossiers encore examinés par la Commission de régulation du secteur de l’énergie. Sans mesures budgétaires urgentes, avertit le ministère, le risque de pénurie d’hydrocarbures et de perturbations du système électrique pourrait s’aggraver.

Le gouvernement mise sur l’adoption de la loi de finances rectificative 2026 pour permettre au Fonds de reprendre ses interventions et de régler progressivement ses engagements. Le texte prévoit 540,3 milliards de FCFA de crédits additionnels, notamment pour les compensations dues aux opérateurs pétroliers et les charges de production d’électricité. Le volet hydrocarbures du CERP est doté de 72 milliards de FCFA.

Cette réponse s’inscrit dans une équation budgétaire tendue : le PLFR 2026 affiche un déficit de 7,6 % du PIB et un besoin de financement de 6 774 milliards de FCFA. Il prévoit aussi une hausse de 3,2 fois des subventions énergétiques, alors que les recettes fiscales diminuent de 453 milliards et que 300 milliards de dette non financière doivent être régularisés. L’épuisement des crédits du Fonds met ainsi en lumière l’enjeu immédiat de la rectification budgétaire : financer le soutien au secteur sans perdre de vue l’ampleur des besoins de l’État.

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