PLFR 2026 : déficit de 7,6 % et besoin de financement de 6 774 milliards FCFA

Le PLFR 2026 affiche un déficit de 7,6 % du PIB et un besoin de financement de 6 774 milliards FCFA. Le document transmis à l’Assemblée nationale le 18 septembre 2026 fait également état d’une hausse de 3,2 fois des subventions énergétiques, d’une baisse de 453 milliards FCFA des recettes fiscales et de 300 milliards FCFA de dette non financière à régulariser.

Cette situation s’inscrit dans une séquence ouverte après la révélation, en septembre 2024, d’une dette réelle estimée à près de 100 % du PIB, contre 65,9 % affichés. Le programme du Fonds monétaire international, évalué à 1,8 milliard de dollars, a alors été suspendu. Le Sénégal s’est davantage tourné vers le marché de l’UEMOA, avec des taux compris entre 6 % et 10 %, contre 1 % à 2 % dans le cadre précédent.

Le service de la dette a progressé de 44,5 % au quatrième trimestre 2024, puis de 23,98 % sur un an au premier trimestre 2025. Les intérêts et commissions passent de 1 190,6 à 1 285,2 milliards FCFA. La dégradation de la signature souveraine a ainsi renchéri le coût des financements à court terme.

Comme l’écrit leral, le besoin de financement de 6 774 milliards FCFA comprend notamment 4 516 milliards d’amortissements et 300 milliards d’arriérés. Le projet de loi rectificative présente cette contrainte budgétaire au moment où le Sénégal doit couvrir ses besoins courants sur le marché financier sous-régional.

Le BTP fragilisé par le gel des chantiers

Le secteur du bâtiment et des travaux publics, qui représente habituellement plus de 8 % du PIB et emploie directement et indirectement plusieurs centaines de milliers de personnes, a subi l’arrêt de nombreux chantiers entre 2024 et 2026.

Les entreprises ont continué à supporter les salaires, les locations de matériel et les remboursements bancaires alors que les paiements publics se raréfiaient. Les engagements liés au secteur sont évalués à environ 600 milliards FCFA, dont près de 300 milliards pour des prestations déjà exécutées et environ 269 milliards au titre de remboursements fiscaux.

Cette tension a conduit des PME et PMI à maintenir leurs lignes de crédit et à alourdir leur endettement. Les banques commerciales sénégalaises ont, de leur côté, enregistré une progression sensible des créances douteuses dans cette catégorie de débiteurs.

Les prévisions du PRES revues à la baisse

Présenté en août 2025, le Plan de redressement économique et social devait accroître les recettes internes afin de réduire la dépendance à l’endettement extérieur. Mais 90 milliards FCFA ont été réalisés sur 700 milliards prévus en 2025. La loi de finances initiale pour 2026 a ensuite multiplié par 8,5 le niveau effectivement atteint.

Le PLFR chiffre à 451 milliards FCFA les moins-values associées à ces prévisions. La taxe sur les jeux de hasard, annoncée à 300 milliards FCFA dans la loi de finances initiale, est ramenée à 120 milliards. Les droits de sortie sur l’arachide et la taxe sur l’exportation d’or n’ont pas été perçus, tandis que la régularisation foncière et le renouvellement des concessions des opérateurs téléphoniques n’ont pas produit les recettes attendues.

La baisse des recettes est également évaluée à 340 milliards FCFA dans le détail consacré aux ressources budgétaires. Le projet attribue cette évolution principalement à l’écart entre les rendements espérés et les montants effectivement mobilisés.

Le document intègre enfin la dette non financière héritée, pour 300 milliards FCFA, et présente la hausse des prix des hydrocarbures d’août 2026 comme une mesure d’ajustement.

Le 14 novembre 2025, S&P avait déjà abaissé la note du Sénégal de B- à CCC+.

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