Le Festi-Gaal de Saint-Louis célèbre la pirogue et interpelle sur l’avenir de la pêche artisanale

Les berges du petit bras du fleuve Sénégal ont pris des airs de fête ce week-end. Piégées par la saison morte qui paralyse l’activité, les familles de pêcheurs de Saint-Louis ont transformé leur quotidien en un moment de célébration et de transmission, à l’occasion de la première édition du Festival de la Pirogue, baptisé « Festi-Gaal ».

Initiée par l’Union nationale des pêcheurs artisanaux de Saint-Louis (UNAPAS) en partenariat avec CaJust, la rencontre a mêlé convivialité et sensibilisation. Le public a pu assister à des démonstrations de sauvetage par les maîtres-nageurs et de canoë-kayak, ainsi qu’à un défilé de pirogues décorées mettant en valeur la culture de la Langue de Barbarie. Le point d’orgue a été la course de pirogues opposant les sous-quartiers, dans un esprit de fair-play. Un concours de préparation du thiebou dieune, plat emblématique né à Guet Ndar, a également rythmé la journée, organisé par l’association « Festival thiebou Dieune ».

Au-delà de l’effervescence sportive et culinaire, l’événement a servi de tribune aux préoccupations du secteur. Mamadou Sarr, coordonnateur du festival, a listé les urgences : la brèche de Saint-Louis, la perte de la zone de GTA « accaparée », l’arrivée prochaine du gazoduc et surtout l’émigration clandestine qui cause « des milliers de morts ». « Nous ne sommes pas dans les problématiques, mais plutôt dans la recherche de solutions. Notre rôle est d’aider les pouvoirs publics à trouver des réponses pour notre communauté », a-t-il déclaré.

Cette mobilisation s’inscrit dans un contexte de crise profonde pour la pêche artisanale locale. Dès juin 2026, l’UNAPAS, sous la houlette de son président national Macoumba Dièye, exigeait le refoulement des bateaux industriels au-delà de 24 milles nautiques et s’opposait à tout dégel des licences de pêche démersale côtière. La perte de la zone de Diattara, occupée par des multinationales gazières, et les craintes liées au projet de gazoduc avaient déjà été dénoncées par les professionnels.

L’événement a été marqué par la présence de représentants du préfet, du maire de Saint-Louis et du colonel Alioune Samassa, commandant de la zone n°2, a constaté Seneplus. La journée s’est achevée par la remise de trophées, d’attestations et d’enveloppes financières aux lauréats des différentes compétitions.

Votre avis sera publié et visible par des milliers de lecteurs. Veuillez l'exprimer dans un langage respectueux.

";

Laisser un commentaire