Le Burkina Faso rompt ses relations diplomatiques avec la France et dénonce un « activisme incessant »

« Le gouvernement du Burkina Faso porte à la connaissance de l’opinion nationale et internationale qu’il a pris la décision de rompre ses relations diplomatiques avec la République Française à compter de ce 26 juin 2026. » Cette déclaration lue à la télévision nationale vendredi a officialisé une rupture attendue après des mois de tensions croissantes avec l’ancienne puissance coloniale.

Le régime du capitaine Ibrahim Traoré accuse Paris d’un « activisme incessant » contre ses intérêts et dénonce des « ambitions néocoloniales avec le soutien actif à des réseaux subversifs et aux terroristes qui endeuillent le pays et le Sahel ». La junte, au pouvoir depuis un coup d’État en septembre 2022, a précisé que cette décision ne remet pas en cause les liens entre les peuples burkinabè et français.

Ce divorce diplomatique survient au lendemain du rejet par Ouagadougou d’une résolution du Parlement européen du 18 juin sur les libertés fondamentales, jugée « partiale » et « infondée ». Les autorités burkinabées y voyaient une ingérence néocoloniale, un discours récurrent depuis l’arrivée au pouvoir d’Ibrahim Traoré. Dès 2023, le Burkina avait exigé le départ des forces françaises engagées dans la lutte antidjihadiste et réclamé le rappel de l’ambassadeur Luc Hallade. Plusieurs médias français, dont TV5 Monde, ont été suspendus, et les correspondantes de Libération et du Monde expulsées.

La rupture s’inscrit dans un réalignement stratégique sahélien. Avec le Mali et le Niger, le Burkina Faso a formé l’Alliance des États du Sahel (AES) en 2023, tournant le dos à Paris pour se rapprocher de Moscou, Ankara et Téhéran. Selon TV5, qui a rapporté l’information, Paris a qualifié cette décision d’« hostile et sans fondement » et a indiqué que les mesures de réciprocité étaient en cours d’examen. Le Nouvel Obs, citant une source gouvernementale burkinabée, affirme que l’ambassadeur français avait été convoqué la veille pour être informé de la rupture. La France dispose désormais d’un délai de sept jours pour fermer son ambassade à Ouagadougou, selon les informations du Monde.

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