L’APR accuse le parti présidentiel de fabriquer des majorités avec la transhumance

L’Alliance Pour la République (APR) sort de sa réserve et dénonce avec force le débauchage des élus locaux orchestré par le parti présidentiel Kiiraay. Dans un communiqué offensif, la formation de l’ex-président Macky Sall alerte sur une « altération de la volonté populaire » et une « rupture du pacte démocratique ».

Selon Actusen, l’APR considère que la transhumance politique n’a rien d’un simple réalignement. « Elle vide le vote de sa substance, dénature la représentation nationale et locale, et transforme le mandat électif en un patrimoine individuel librement négociable », lit-on. Le communiqué souligne surtout que, menée par le pouvoir en place, cette pratique devient « un instrument de fabrication artificielle de majorités politiques ».

Une réforme urgente exigée

Face à cette situation, l’APR appelle à une réforme profonde du statut des élus locaux. La mesure phare : imposer la vacance automatique du siège et l’organisation d’un nouveau scrutin en cas de changement volontaire d’appartenance politique en cours de mandat – sauf pour les élus indépendants. « La liberté de conscience de l’élu ne saurait prévaloir sur le droit du citoyen et au respect de son vote », martèle le parti.

Cette sortie musclée intervient alors que les ralliements au parti présidentiel se multiplient. Le 20 juillet dernier, pas moins de 306 maires issus des 14 régions du Sénégal ont été reçus au Palais de la République. Fin juin, l’ancien ministre Oumar Sow réclamait déjà une loi sanctionnant la transhumance par la perte du mandat, à l’image du dispositif en vigueur pour les députés.

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