Le professeur agrégé de science politique Maurice Soudieck Dionne a réagi à la nouvelle configuration politique née de l’élection de Ousmane Sonko à la présidence de l’Assemblée nationale, après son limogeage de la Primature par le président Bassirou Diomaye Faye.
Selon l’universitaire, la séquence actuelle traduit une évolution majeure des rapports au sein du pouvoir exécutif et législatif. « La rupture est consommée mais la rupture ne signifie pas qu’il y ait une impossibilité à aménager des surfaces de négociation, des plages de convergence pour pouvoir discuter », a-t-il déclaré sur France 24.
Il estime que les équilibres institutionnels imposent une nécessaire coopération entre les différentes composantes de la majorité. « La majorité présidentielle ne peut pas aller sans la majorité parlementaire parce qu’ils ont été élus sur la base de ce slogan », a-t-il ajouté.
Pour le politologue, le système institutionnel sénégalais reste marqué par une forte centralisation du pouvoir exécutif. « On a une structure politique et institutionnelle qui donne l’essentiel du pouvoir au président de la République », a-t-il souligné, estimant que cette architecture crée des tensions dans la pratique du pouvoir.
Il relève également une contradiction dans la répartition des rôles politiques : « Le président de la République ne peut pas avoir de chef », a-t-il rappelé, tout en évoquant les équilibres entre le président, le Premier ministre et les autres institutions.
Abordant les recompositions possibles, Maurice Soudieck Dionne estime qu’un schéma alternatif aurait pu être envisagé : « J’avais proposé qu’Ousmane Sonko aille occuper la présidence de l’Assemblée nationale. Comme ça, chacun est à la tête d’un pouvoir », a-t-il expliqué.
Il appelle enfin les responsables politiques à préserver la stabilité institutionnelle : « Il faut éviter le clash parce que les Sénégalais ne comprendraient pas qu’après tout l’espoir placé en eux, ils utilisent les institutions pour se combattre », a-t-il conclu.
En garde en jeu tirez.
A défaut de la reddition des comptes et de la justice pour tous nous nous contenterons d’encadrer les plumes de cette perte d’espace qu’est ce Dioumaye.