Analyse – Tensions au sommet et perspectives 2027 : Le regard de Maurice Soudieck Dione sur le duo Diomaye-Sonko

Le professeur agrégé de science politique à l’Université Gaston Berger (UGB), Maurice Soudieck Dione, a livré une lecture approfondie de l’actualité politique de l’année 2025 et des dynamiques institutionnelles en cours. Dans un entretien accordé à nos confrères de Sud Quotidien, l’universitaire décortique les relations au sein de l’exécutif, les soubresauts de l’opposition et les enjeux cruciaux des futures joutes électorales.

Abordant la cohabitation au sommet de l’État, Maurice Soudieck Dione pointe une « rivalité » structurelle entre le Président Diomaye Faye et son Premier ministre. Selon lui, les divergences publiques notées traduisent un positionnement en vue de la présidentielle de 2029. L’analyste estime que cette situation découle d’une dualité historique du pouvoir au Sénégal, rappelant les crises passées entre Senghor et Dia ou encore Wade et Idrissa Seck. Pour l’enseignant-chercheur, une autre configuration institutionnelle aurait été préférable pour la stabilité : « Il aurait été plus judicieux pour Ousmane Sonko d’occuper le poste de président de l’Assemblée nationale […] Ainsi détiendrait-il le pouvoir législatif, et le Président Bassirou Diomaye Faye, le pouvoir exécutif ».

Sur le plan judiciaire, le politologue éclaire la décision de la Cour suprême concernant l’affaire Mame Mbaye Niang. Il précise que si la loi d’amnistie de 2024 a effacé l’action publique, elle ne supprime pas le droit des tiers à la réparation financière. « L’action civile quant à elle subsiste », explique-t-il, justifiant ainsi la recevabilité du rabat d’arrêt. Cette analyse survient dans un contexte politique tendu où l’opposition, notamment l’APR, continue de critiquer la gouvernance et les choix du duo au pouvoir.

L’universitaire s’est également penché sur la reconfiguration de l’opposition, marquée par la rupture entre Khalifa Sall et Barthélémy Dias. Il attribue ce divorce aux résultats de la présidentielle de 2024, qui a agi comme un « détournement référendaire » polarisant le vote entre continuité et rupture, au détriment des autres forces. Cette dynamique s’est confirmée lors des législatives, affaiblissant la coalition Samm Sa Kaddu face à la majorité présidentielle.

Enfin, se projetant sur les élections locales de 2027, Maurice Soudieck Dione y voit un futur terrain d’affrontement interne à la majorité. Il anticipe une compétition entre l’appareil du Pastef et la coalition « Diomaye Président ». Selon son analyse, « le rapport de force entre les deux pourrait être une sorte de primaire » avant l’échéance présidentielle de 2029, mettant à l’épreuve la cohésion de l’exécutif face aux attentes sociales exprimées par les populations.

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