En un an, 8,6 millions d’Africains sont sortis de l’insécurité alimentaire modérée ou grave. Pour la première fois depuis près de dix ans, la proportion de personnes souffrant de la faim sur le continent a reculé, passant de 20,3 % en 2024 à 20 % en 2025.
Selon une tribune de Máximo Torero, économiste en chef de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), publiée par Apanews, cette amélioration, bien que modeste, pourrait marquer un tournant. Mais elle reste réversible sans politiques solides. « Le prochain défi consiste à rendre ces progrès irréversibles en garantissant à tous l’accès à une alimentation saine », prévient-il.
Le Sénégal, un modèle de réussite
Parmi les pays ayant enregistré des avancées durables, le Sénégal se distingue. La part de sa population sous-alimentée a chuté de 15,8 % à 5,3 % en deux décennies, grâce à des politiques publiques cohérentes, souligne l’économiste. En juillet 2026, le ministre sénégalais de l’Agriculture, Dr Cheikhou Oumar Ba, participait à Rome au lancement du rapport SOFI 2026 pour plaider en faveur de la souveraineté alimentaire et de l’accès à une nourriture saine.
Pour consolider ces résultats, M. Torero recommande de réorienter les subventions vers la santé animale, l’aquaculture, les chaînes du froid, les routes rurales et la recherche sur les cultures nutritives. Il juge ces investissements indispensables alors que les financements extérieurs diminuent, menaçant d’affaiblir les progrès dès 2026.
Malgré ces signes encourageants, l’Afrique abrite encore 309 millions de personnes sous-alimentées. Le coût élevé des produits d’origine animale, des fruits et des légumes empêche deux Africains sur trois de s’offrir une alimentation saine, rappelle la FAO.
