Entre deux scrutins, les territoires sénégalais peinent à faire entendre leurs priorités et le contrôle des décisions publiques s’affaiblit, selon la Grande Coalition Citoyenne pour le Sénégal (G2CS – Guiss Si Sa Bop).
Dans son manifeste, le mouvement estime, selon le média exclusif, que la vie démocratique reste trop concentrée autour des élections. Il défend une gouvernance qui informe les citoyens, les consulte et les associe aux décisions, avec une reddition des comptes. Ce débat institutionnel se déroule alors que les préoccupations quotidiennes portent aussi sur la vulnérabilité économique, les incertitudes agricoles et le coût de la vie. Ousmane Sène alerte sur ce décalage entre les urgences des citoyens et les tensions politiques : la souveraineté, souligne-t-il, se construit en détenant les moyens de sa propre politique, et non par des postures discursives.
La concentration du pouvoir exécutif éclaire une partie de ces tensions. Depuis 1963, le système politique sénégalais repose sur un Exécutif hypertrophié, centre de gravité de la décision publique ; cette centralisation a régulièrement ravivé les tensions lorsque deux pôles ou des rivalités se sont installés au sommet de l’État. La G2CS plaide ainsi pour que le contrôle démocratique ne se limite pas aux périodes électorales.
La coalition critique également la gouvernance économique : elle juge le pays vulnérable aux financements extérieurs et estime que la production et la transformation locales restent insuffisantes. Elle lie notamment cette dépendance à l’endettement, à la faible transformation locale et aux importations alimentaires, énergétiques et technologiques.
Le FMI indiquait en juin 2026 que le déficit budgétaire était passé de 13,4 % du PIB en 2024 à 6,4 % en 2025, tout en signalant des vulnérabilités persistantes concernant les finances publiques et la dette. Le 1er septembre, les services du FMI et les autorités sénégalaises ont conclu un accord au niveau des services pour un programme de 36 mois d’environ 2,2 milliards de dollars. Cet accord doit encore être approuvé par le Conseil d’administration. La G2CS précise que sa conception de la souveraineté n’implique pas de rompre avec les partenaires internationaux.
Le mouvement pointe aussi les disparités entre Dakar et les autres territoires, ainsi que les inégalités d’accès à l’emploi, à la santé, à l’éducation, au financement, à la justice et aux services publics. Pour y répondre, il plaide pour un Parlement doté de moyens de contrôle, une justice indépendante, des collectivités territoriales responsabilisées et des autorités de régulation crédibles.
La coalition estime que la défiance grandit lorsque la vie politique se réduit à des rivalités de personnes, à des promesses non tenues ou à des positionnements opportunistes. Elle dit vouloir remettre « le débat d’idées, la compétence, l’éthique et le service de l’intérêt général » au centre de la vie publique.





