Les réformes institutionnelles promises lors de la dernière campagne présidentielle tardent à se concrétiser au Sénégal. Face à cette situation, l’ancien ministre Mamadou Ndoye est sorti de sa réserve ce dimanche 12 avril sur les ondes de la radio Sud FM, alertant sur les risques d’un blocage politique du pays.
Invité de l’émission « Objection », l’ancien secrétaire général de la Ligue démocratique et actuel membre du mouvement Sursaut citoyen a dressé un constat préoccupant. Selon les éléments rapportés par Sud Quotidien, il souligne que les signaux actuels — marqués par des tensions politiques, des luttes de pouvoir et des épisodes de répression — laissent craindre un retour aux pratiques du passé, et ce, malgré le récent changement de régime.
Pour Mamadou Ndoye, le véritable enjeu ne réside pas dans une simple énumération de mesures correctives, mais dans la levée de blocages structurels profonds. Il identifie ainsi trois « goulots d’étranglement » spécifiques entravant la transition démocratique sénégalaise.
Le premier obstacle pointé est l’hyper-présidentialisme. L’ancien ministre le décrit comme une entrave majeure, due à la concentration excessive des pouvoirs entre les mains de l’exécutif. Le deuxième frein relève d’un système de prédation qui favoriserait le clientélisme, la corruption et la mauvaise gestion des ressources publiques, avec des conséquences directes sur le financement des secteurs sociaux de base.
Enfin, la troisième limite dénoncée est la confiscation de la citoyenneté. L’invité déplore que le rôle des Sénégalais soit aujourd’hui réduit au simple acte de vote, sans réelle capacité d’influence sur la gestion des affaires publiques entre deux échéances électorales.
Face à ces constats, le membre de la société civile appelle à une refonte du modèle actuel, en articulant davantage la démocratie représentative et la démocratie participative. « Si nous ne faisons pas ce saut qualitatif, le pays restera durablement bloqué », a-t-il déclaré en conclusion de son intervention radiophonique.