D’après les projections du Cadre harmonisé, près de 52,8 millions de personnes en Afrique de l’Ouest et au Sahel pourraient se retrouver en situation d’insécurité alimentaire aiguë entre juin et août 2026, période de soudure critique. Ces chiffres, publiés en début d’année, illustrent l’urgence d’une réponse régionale coordonnée.
Parmi les dispositifs en place figure le Programme de renforcement de la résilience à l’insécurité alimentaire et nutritionnelle au Sahel (P2RS). Selon un communiqué de la Banque africaine de développement (BAD) relayé par EnQuête+, sa phase 2, opérationnelle depuis janvier 2022, est financée à hauteur de plus de 300 millions de dollars américains (162,2 milliards de francs CFA). Le programme couvre huit pays — Burkina Faso, Gambie, Mali, Mauritanie, Niger, Sénégal, Tchad — ainsi que le Comité inter-États de lutte contre la sécheresse au Sahel (Cilss).
L’objectif est de rompre le cycle des famines récurrentes en renforçant la résilience des ménages face au changement climatique et en favorisant le développement des infrastructures rurales. La BAD précise que le P2RS, qui mobilise au total un milliard de dollars sur vingt ans, contribue également à la création de milliers d’emplois pour les jeunes ruraux et au développement des chaînes de valeur agricoles.
Le Sénégal, bénéficiaire du programme, a enregistré des progrès notables en matière de sécurité alimentaire. En deux décennies, la part de la population sous-alimentée y est passée de 15,8 % à 5,3 %, selon des données de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO).
Outre le P2RS, la BAD déploie d’autres initiatives dans la région, comme le programme Desert to Power. Ce projet, doté de 20 milliards de dollars, ambitionne de faire du Sahel la plus grande zone de production solaire au monde, avec une capacité de 10 000 MW répartie sur onze pays.
