À Kaffrine, le déficit d’enregistrement à Kaffrine atteint 42 % pour les principaux faits d’état civil, notamment les naissances, les mariages et les décès. La région est ainsi considérée comme relevant de la « zone rouge », selon Ibrahima Etia, spécialiste des questions d’état civil.
Cette situation a été évoquée lors d’un atelier de partage consacré au traitement des enjeux liés à l’état civil au Sénégal. La rencontre met l’accent sur les difficultés observées dans les régions du centre.
Ibrahima Etia demande aux professionnels des médias de renforcer la sensibilisation auprès des populations. Il estime que les journalistes, animateurs et chroniqueurs disposent d’une capacité importante de mobilisation pour encourager la déclaration systématique des faits d’état civil.
« La voix des hommes des médias porte plus », a-t-il déclaré, en les invitant à accompagner les autorités territoriales et locales dans ce travail d’information. Il préconise également une implication accrue des auxiliaires de l’état civil, parmi lesquels figurent les chefs de village et les chefs de quartier.
Selon lui, l’éloignement de certains villages par rapport aux chefs-lieux de commune ne doit pas empêcher les déclarations. Les chefs de village et les chefs de quartier peuvent recevoir les déclarations de naissance, de mariage et de décès, a-t-il rappelé.
L’archivage constitue une autre difficulté soulevée pendant la rencontre. Le 12 août 2026, Ibrahima Etia, directeur de la formation, des opérations et de la sensibilisation de l’Agence nationale de l’État civil (ANEC), avait appelé à l’installation de rayonnages conformes dans les mairies. Peu de centres disposent de locaux d’archivage répondant aux normes, selon l’ANEC.
La conservation insuffisante des registres et des pièces administratives peut favoriser leur perte. Le responsable a plaidé pour la création de centres d’état civil adéquats et sécurisés, ainsi que pour de véritables espaces d’archivage dans les centres concernés et les tribunaux d’instance.
EMedia rapporte que l’atelier, organisé dans la capitale du Ndoucoumane, s’étale sur trois jours et réunit 35 journalistes venus de Fatick, Kaolack, Diourbel, Dakar et Kaffrine.
