Terrorisme au Sahel : des experts pointent les vulnérabilités du Sénégal

« Le Sénégal ne constitue pas, à ce jour, une zone d’implantation terroriste majeure. » C’est le constat mis en avant lors d’un rendez-vous de haut niveau des « Décryptages » de l’ONDSEL, tenu en ligne ce samedi via Google Meet. La rencontre portait sur les dynamiques du terrorisme au Sahel, la situation sécuritaire au Mali et les implications pour le Sénégal.

Des chercheurs, analystes et experts ont pris part à ces échanges, modérés par Elhadji Serigne Mbaye, directeur exécutif de l’ONDSEL et consultant-formateur en gouvernance et commande publique. Le conférencier principal, Cheikh Sadibou Ndiaye, journaliste spécialisé en relations internationales et géopolitique, a retracé l’évolution des crises sécuritaires dans l’espace sahélien, de la crise libyenne à la situation actuelle au Mali, avec un détour par les recompositions géopolitiques en Algérie et les opérations militaires menées par les puissances occidentales.

Prévention, équité territoriale et services publics

Au fil des discussions, Laviesenegalaise rapporte que plusieurs intervenants ont insisté sur la nécessité de renforcer les politiques publiques de prévention. Ils ont aussi défendu une approche fondée sur l’équité territoriale et l’inclusion sociale pour limiter les risques de radicalisation et l’extension de groupes extrémistes.

Plusieurs participants ont estimé que certaines zones frontalières et périphériques du Sénégal pourraient devenir des espaces de vulnérabilité si les réponses préventives restent insuffisantes. Ils ont appelé l’État à répondre davantage aux besoins essentiels des populations, en ciblant notamment la pauvreté, le chômage, le déficit d’infrastructures sociales de base et la faiblesse des services publics.

Les échanges ont également mis l’accent sur les actions de sensibilisation, la lutte contre les inégalités sociales et la réduction du communautarisme. Une attention particulière a été accordée aux zones frontalières du Sud, en particulier Kédougou, présentée comme une région aurifère marquée par une forte présence étrangère, ainsi qu’à Kolda, où plusieurs intervenants ont évoqué la pauvreté persistante, le manque d’infrastructures, l’impraticabilité des routes et la porosité des frontières.

Pour l’ONDSEL, le développement territorial reste un levier central de sécurité. Les participants ont enfin soutenu que la lutte contre le terrorisme au Sahel ne peut produire d’effets durables sans une réponse concertée et coordonnée à l’échelle de l’Afrique de l’Ouest.

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