Premier audit territorial des ODD : Dakar dominé, cinq régions en zone rouge et un leader national qui surprend

L’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD) vient de livrer une photographie inédite du Sénégal. En publiant, en ce mois de février 2026, son premier rapport infranational de suivi des Objectifs de Développement Durable (ODD), l’agence rompt avec la logique des moyennes nationales pour exposer la réalité brute des territoires. Si le pays a franchi la barre des 53 % de réalisation globale à sept ans de l’échéance, cette moyenne dissimule une redistribution des cartes inattendue au sommet du classement régional.

Pour la première fois, ce n’est pas la capitale qui dicte le tempo du développement durable.

**Une hiérarchie bousculée**

L’outil, conçu pour orienter les investissements publics d’ici l’horizon 2030, place la région de Ziguinchor sur la plus haute marche du podium avec un score de 69,9 %. Elle devance Thiès (61,7 %) et relègue Dakar à la troisième place (60,9 %). Selon les éléments techniques du rapport, relayés par notre confrère Sud Quotidien, ces trois locomotives tirent leur épingle du jeu grâce à des performances solides sur les volets sociaux et environnementaux.

À l’autre extrémité du spectre, le décrochage est marqué pour cinq régions qualifiées d’« aspirantes ». Tambacounda, Kolda, Kédougou, Matam et Kaffrine affichent toutes un score inférieur à 50 %. Ce constat chiffré met en lumière l’urgence de mesures correctives spécifiques pour éviter une fracture territoriale durable.

**Des disparités sectorielles et un paradoxe minier**

Au-delà du classement géographique, l’audit de l’ANSD pointe des réussites et des failles structurelles. Le Sénégal performe sur la réduction des inégalités (82,7 %) et la préservation de la vie terrestre (77,6 %). En revanche, des secteurs vitaux comme l’éducation (ODD 4), l’égalité femmes-hommes (ODD 5) et la justice (ODD 16) restent à la traîne, nécessitant une mobilisation accrue.

Le rapport soulève enfin une contradiction économique majeure, illustrée par le cas de Kédougou. Riche en ressources aurifères, la région affiche un taux de bancarisation famélique de 7,4 %, alors même que Dakar concentre près de la moitié du PIB national (46,2 %). Un fossé qui résume, à lui seul, le défi de l’inclusion financière et de la redistribution des richesses pointé par ce nouveau baromètre stratégique.

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