Inondations à Dakar : l’expertise existe, les collectivités manquent de moyens

Les inondations récurrentes à Dakar relancent le débat sur la capacité des collectivités territoriales à transformer les connaissances disponibles en actions durables. Une contribution appelle à dépasser les interventions saisonnières et à renforcer la coordination entre l’État, les communes, les universités et les services techniques.

Le centre de santé Philippe Maguilen Senghor de Yoff illustre cette vulnérabilité. Régulièrement touché par les eaux, il doit parfois interrompre certains services. Le mardi 15 septembre 2026, plusieurs espaces de l’établissement avaient été envahis, entraînant l’évacuation de patients alors que la pompe destinée au drainage était en panne.

La contribution relie ces épisodes à plusieurs facteurs : l’occupation des zones basses, l’imperméabilisation des sols, l’insuffisance du drainage et le non-respect des fonctions naturelles des bassins versants. Elle cite notamment la zone de captage de Dakar, initialement destinée à recueillir et réguler les eaux pluviales, mais où des immeubles continuent d’être construits.

Les travaux universitaires ont déjà étudié le fonctionnement des bassins versants urbains, les zones inondables et les effets de l’urbanisation dans la région de Dakar. La recherche scientifique à Dakar ne manque donc pas de diagnostics sur ces risques. Le problème se situe plutôt dans le faible lien entre les chercheurs, l’expertise technique et les décideurs publics.

Le texte préconise des mécanismes permanents de collaboration entre les autorités nationales, les maires des territoires exposés, les universités et les services compétents. Il demande aussi aux collectivités de recruter des spécialistes de l’aménagement, de l’urbanisme, du climat, de l’hydrologie, de l’assainissement et de la gestion des risques.

Ces compétences doivent permettre de concevoir les projets, de rechercher les financements, puis de conduire et d’évaluer des programmes intégrés de résilience urbaine. La contribution estime que les collectivités ne peuvent exercer efficacement leurs responsabilités sans ressources humaines qualifiées et durablement intégrées à leurs administrations.

La perspective des Jeux olympiques de la jeunesse renforce la pression sur Dakar. Selon l’analyse publiée par dakaractu, l’urgence de présenter une capitale attractive, fonctionnelle et sécurisée peut favoriser des opérations visibles d’embellissement et d’assainissement, au détriment du traitement des causes structurelles.

Le texte propose une programmation pluriannuelle, des financements sécurisés et un suivi régulier des interventions. Il recommande aussi de protéger les zones naturelles de rétention, de faire respecter les règles d’urbanisme, d’améliorer les réseaux de drainage et de placer les équipements essentiels parmi les priorités de l’action publique.

La contribution est signée Cheikh Ahmed Tidiane WADE AL MAKTOUM Thiowor.

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