Séni Diène : l’Onas double les capacités de pompage pour éviter les inondations à Dakar

Dakar et plusieurs villes du Sénégal affrontent un risque d’inondations aggravé par l’urbanisation rapide et les aléas climatiques, une menace que le gouvernement prend à bras-le-corps depuis des mois. Dès le début de l’année, le ministre Cheikh Tidiane Dièye a multiplié les visites de terrain pour superviser les chantiers clés : à Keur Massar, il a inspecté les bassins de l’Unité 3, Enda et Firdawsi, tandis qu’à Thiaroye-sur-Mer, il a suivi l’avancement des travaux de drainage du cimetière – un site symbolique, régulièrement submergé et désormais au cœur d’un plan d’urgence. Ces déplacements ne sont pas anodins : ils révèlent une stratégie ciblée, où les zones les plus vulnérables, comme les cimetières ou les quartiers densément peuplés, deviennent des priorités absolues.

Des pompes surpuissantes pour les zones sensibles

Pour éviter que l’histoire ne se répète – comme en 2022, où des centaines de familles avaient été évacuées des Parcelles assainies –, l’Office national de l’assainissement du Sénégal (Onas) a engagé une refonte technique majeure. Dans ce quartier emblématique, les anciennes pompes des Unités 24 et 25 ont été remplacées par des modèles surpuissants : la capacité de refoulement est passée de 150 m³/h à 735 m³/h pour l’Unité 24, et à 250 m³/h pour l’Unité 25. « Ces améliorations permettront de réduire le temps de latence après les pluies, un enjeu crucial pour des zones où chaque heure compte », explique Séni Diène, directeur général de l’Onas, dans un entretien accordé à Le Soleil. Le centre de santé Philippe Maguilène Senghor, souvent paralysé par les inondations, bénéficiera lui aussi d’un raccordement renforcé au réseau de la Senelec et d’une pompe supplémentaire, une mesure qui s’inscrit dans la lignée des inspections menées par le ministre Dièye à Keur Massar, où les infrastructures sanitaires avaient été pointées du doigt.

À Thiaroye-sur-Mer, où le président Bassirou Diomaye Faye s’est rendu pour constater l’état des cimetières, une solution structurelle est en cours : la construction d’un canal d’évacuation vers la mer, dont les travaux sont achevés à plus de 60 %. Ce projet, lancé après les visites répétées du ministre dans le secteur, vise à briser le cycle des inondations récurrentes. « À la sortie 10 de l’autoroute à péage, nous maintiendrons le dispositif de pompage en attendant la réalisation d’un canal gravitaire », précise Séni Diène, soulignant que ces aménagements s’appuient sur des diagnostics de terrain, comme ceux réalisés à Mbao, où le canal SDV avait été identifié comme un point de blocage majeur.

127 km de curage et des actions dans les régions : une mobilisation sans précédent

L’ampleur des travaux pré-hivernage témoigne d’une mobilisation inédite. L’Onas a lancé le curage de 127 km de canalisations, complété par 12 km sur un marché additionnel et 32 km dans le cadre du Projet de gestion des eaux pluviales (Progep). Ces opérations, démarrées en avril, visent à éviter l’ensablement des réseaux avant les premières pluies. « Nous ne voulons pas revivre les scènes de 2020, où des quartiers entiers s’étaient retrouvés sous les eaux à cause de canalisations obstruées », rappelle le DG de l’Onas. La rapidité d’exécution est cruciale : à Kaolack, le ministre Dièye a inauguré en personne un réseau de drainage réalisé par le génie militaire à Thiariak, tandis qu’à Ndangane, des tranchées drainantes ont été creusées pour désengorger les sols gorgés d’eau. Ces initiatives s’ajoutent à celles déployées dans les cités religieuses, où les enjeux sont à la fois techniques et symboliques.

Dans les régions, les dispositifs se renforcent. À Diourbel, un système de pompage de 1 000 m³/h a été installé au site « Roukou Bou Sèw », une zone que le ministre avait visitée en mars pour évaluer les travaux dans les secteurs de Kawsara-Feto-Darou Khadim et Nguiranène. À Kaolack, une pompe de 300 m³/h et des flexibles de 300 ml seront déployés, tandis qu’à Saint-Louis, le quartier Pikine verra la finalisation des travaux de raccordement de la conduite de refoulement et le curage de 12 km de réseau. « Dans les cités religieuses de Touba et Tivaouane, les projets de drainage avancent, avec un taux d’exécution de 52 % à Tivaouane », conclut Séni Diène. Ces chiffres ne sont pas que des indicateurs techniques : ils reflètent une volonté politique, illustrée par les déplacements du ministre Dièye à Touba, où il avait inspecté les ouvrages de Mbal et Taukor Gua, ou à Diourbel, où les travaux à Darou Miname avaient été accélérés après des signalements de la population.

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