« Pape Thiaw a subi un bashing impressionnant, notamment pour avoir osé dénoncer un système qui gangrène notre continent. » La déclaration de Diomansy Kamara, ancien international sénégalais, résume l’ambiance qui a accompagné le limogeage du sélectionneur des Lions de la Teranga. Relevé de ses fonctions le 12 juillet dernier, quelques jours après l’élimination du Sénégal en huitièmes de finale de la Coupe du monde face à la Belgique (2-3), Pape Thiaw se retrouve aujourd’hui au cœur d’un bras de fer financier.
Car si la décision a été actée, le paiement des indemnités dues à l’ancien technicien est loin d’être réglé. Comme l’écrit Jeune Afrique, le versement est suspendu à un accord entre la Fédération sénégalaise de football (FSF) et son ministère de tutelle, autrement dit l’État. Une situation qui met en lumière la question récurrente de la responsabilité des charges liées aux sélectionneurs, souvent partagées entre la fédération et les deniers publics.
Le limogeage de Pape Thiaw a rouvert le débat sur la transparence financière de la FSF. L’institution n’a jamais fourni de compte-rendu détaillé des primes perçues pour les titres continentaux, comme la CAN 2021 ou le CHAN 2023, ni pour les matchs amicaux de prestige. Officiellement, ces fonds doivent couvrir la logistique, les primes des joueurs et le développement du football local, mais l’opacité persiste.
En attendant un accord, Pape Thiaw, lui, patiente. La FSF n’a toujours pas communiqué sur l’usage des fonds issus des compétitions continentales.
