Invité de France 24 et RFI, le Premier ministre sénégalais Ousmane Sonko a clarifié sa position sur les rapports entre l’Assemblée nationale et l’exécutif, tout en réaffirmant son attachement au respect des institutions et des prérogatives constitutionnelles de chaque pouvoir.
Interrogé sur l’éventualité d’une censure du gouvernement dans des circonstances exceptionnelles, notamment en cas de menace grave sur le fonctionnement des institutions ou de report des élections locales prévues en janvier 2027, Ousmane Sonko a tenu à préciser la portée de ses précédentes déclarations.
« Il n’y a pas de chèque à blanc qu’on délivre au président de la République ou au gouvernement », a-t-il déclaré. Le chef du gouvernement a expliqué que sa démarche consiste avant tout à éviter les blocages institutionnels inutiles. Selon lui, la majorité parlementaire ne s’inscrira pas dans une logique d’obstruction systématique ou de calculs politiciens visant à affaiblir l’action gouvernementale.
Toutefois, il a rappelé que la censure demeure une prérogative constitutionnelle de l’Assemblée nationale. « Si des cas nécessitent une censure, nous n’hésiterons pas à l’utiliser », a-t-il averti, tout en soulignant que le gouvernement récemment installé doit bénéficier du temps nécessaire pour prendre ses marques.
Pour Ousmane Sonko, la situation du pays impose à l’ensemble des acteurs politiques de faire preuve de retenue et de sagesse afin de privilégier exclusivement les intérêts nationaux. Il a insisté sur la nécessité pour chaque institution de respecter les missions que lui confère la Constitution.
Le Premier ministre a rappelé que l’exécutif définit et met en œuvre la politique de la nation, tandis que l’Assemblée nationale est seule compétente pour voter la loi, contrôler l’action du gouvernement et veiller à la bonne exécution des politiques publiques. « Nous n’avons pas forcément besoin d’être de grands amis pour que ça marche. Il faut que chacun respecte les règles », a-t-il affirmé.
Abordant également la question du recours aux ordonnances, Ousmane Sonko a estimé que cette possibilité prévue par l’article 52 de la Constitution ne soulève pas de problème majeur. Selon lui, gouverner par ordonnance constitue une prérogative du président de la République qui demeure strictement encadrée par les dispositions constitutionnelles.

