Le tribunal des flagrants délits de Thiès a jugé, ce vendredi, le nommé A. Sylla, poursuivi pour escroquerie foncière, faux et usage de faux. Il lui est reproché d’avoir utilisé de faux documents pour vendre à A. Mbacké un terrain situé à Thiès — qui appartiendrait en réalité à un tiers — pour un montant global de 4 millions de francs CFA.
À la barre, le prévenu a rejeté les accusations retenues contre lui. Il a expliqué avoir initialement acquis la parcelle auprès d’un certain M. Keïta avant de la céder :
« J’avais perdu l’acte de délibération et je me suis confectionné un autre acte avant de revendre le terrain à 4 millions de FCFA. A. Mbacké m’a donné une avance de 3 millions de FCFA », a-t-il déclaré devant le juge.
Toutefois, l’enquête de police a révélé que le prévenu aurait sciemment utilisé une fausse identité afin d’établir de faux documents administratifs relatifs à la parcelle.
Une transaction litigieuse et des dommages réclamés
De son côté, la partie civile, A. Mbacké, a affirmé à la barre avoir versé l’intégralité de la somme convenue :
« Il m’a vendu le terrain en 2024. Au départ, il ne m’avait remis aucun document parce qu’il disait ne pas en disposer. Ce n’est qu’après l’apparition du litige qu’il m’a transmis des papiers établis au nom de D. Keïta. Le terrain n’était donc pas à son nom. Après l’achat, j’ai démarré les travaux. Au moment de procéder au coulage, un homme est venu m’informer que la parcelle appartenait en réalité à son frère résidant en Europe », a-t-elle relaté.
Estimant avoir subi un préjudice financier et moral conséquent, la partie civile réclame 6 millions de francs CFA au titre de dommages et intérêts.
Dans son réquisitoire, le procureur de la République a qualifié les faits d’extrêmement graves, estimant que la culpabilité du prévenu était parfaitement établie. Il a requis une peine de deux ans d’emprisonnement, dont un an ferme, à l’encontre d’A. Sylla.
Le tribunal a mis l’affaire en délibéré et rendra sa décision prochainement.
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