Fonds spéciaux : Me Babacar Ndiaye défend Sonko et plaide pour la transparence

Me Babacar Ndiaye, membre de Pastef, a défendu la position d’Ousmane Sonko sur l’encadrement des fonds spéciaux. Pour lui, le débat ne doit pas se focaliser sur l’utilisation de ces ressources par l’ancien Premier ministre, mais plutôt sur la nécessité d’assurer davantage de transparence dans la gestion des deniers publics.

Interrogé sur la volonté d’Ousmane Sonko de faire encadrer les fonds spéciaux, alors qu’il en bénéficiait lui-même lorsqu’il occupait la Primature, Invité dimanche de l’émission Grand Jury sur la RFM, Me Babacar Ndiaye a rappelé qu’il s’agissait d’un engagement pris par Pastef lors de la campagne présidentielle de 2024.

« C’était un engagement contenu dans notre programme de campagne présidentielle de 2024. Le Pastef ne fait que rappeler la fidélité qu’on doit avoir par rapport à notre engagement », a-t-il déclaré.

Selon lui, Ousmane Sonko ne remet pas nécessairement en cause l’existence des fonds spéciaux, mais souhaite que leur utilisation soit soumise à des règles garantissant une meilleure transparence.

« Je suis d’accord pour les fonds spéciaux parce qu’un président de la République, un Premier ministre ou, compte tenu de leurs responsabilités politiques, doivent avoir une marge de manœuvre. Mais cela ne veut pas dire qu’ils ne doivent pas être réglementés », a-t-il expliqué.

Le responsable de Pastef estime que cet encadrement doit concerner toutes les institutions bénéficiaires, notamment la présidence de la République, la Primature et la présidence de l’Assemblée nationale.

L’utilisation des fonds par Sonko jugée pragmatique

Revenant sur les critiques relatives à l’utilisation des fonds spéciaux par Ousmane Sonko lorsqu’il était Premier ministre, notamment pour l’acquisition de véhicules administratifs et la réhabilitation du building administratif, Me Baba Car Ndiaye a défendu les choix opérés.

À ses yeux, l’essentiel est de déterminer si ces dépenses ont servi des intérêts privés ou ceux de l’État du Sénégal.

« Il faut regarder cette décision sous l’angle de voir si ces fonds-là ont été utilisés pour l’intérêt privé d’Ousmane Sonko ou bien pour l’intérêt de l’État du Sénégal. Et si on regarde l’utilisation de ces fonds-là, ces fonds ont été utilisés pour l’intérêt de l’État du Sénégal », a-t-il soutenu.

Concernant la réhabilitation du building administratif, il considère que les travaux répondaient à une nécessité, au regard des sommes déjà investies dans l’infrastructure.

« On ne peut pas injecter plus de 40 milliards dans un building administratif qui n’est pas opérationnel, qui n’est pas utilisé par l’administration sénégalaise. C’est un gâchis », a-t-il affirmé, jugeant qu’Ousmane Sonko avait fait preuve de pragmatisme.

Des violations des procédures qui restent à démontrer

Sur les accusations de violation des règles encadrant l’acquisition de véhicules administratifs, Me Baba Car Ndiaye a contesté l’existence de preuves établissant une infraction.

« Jusqu’à présent, à l’heure où je vous parle, il n’y a personne qui peut nous dire noir sur blanc que telle disposition ou tel article a fait l’objet de violation », a-t-il déclaré.

L’ancien responsable administratif estime également que les restrictions introduites sous le régime de Macky Sall concernant les véhicules de fonction mériteraient d’être réexaminées. Selon lui, les administrations doivent disposer de moyens de transport adaptés aux responsabilités de leurs agents.

Au-delà de la controverse sur les dépenses engagées par Ousmane Sonko à la Primature, Me Baba Car Ndiaye revient ainsi sur la position défendue par Pastef : maintenir les fonds spéciaux tout en renforçant leur encadrement.

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