À Dakar, lors de la séance de questions d’actualité à l’Assemblée nationale, le Premier ministre Ousmane Sonko a de nouveau plaidé pour un encadrement des fonds politiques. Face aux députés, il a dit maintenir cette position au nom de la transparence dans l’utilisation des ressources publiques.
Le chef du gouvernement a expliqué ne pas partager l’avis du président de la République sur ce dossier. Comme l’a rapporté Xalima, il a indiqué estimer que Bassirou Diomaye Faye s’était trompé sur cette question, tout en disant espérer un changement de position. Ousmane Sonko a aussi rappelé que cette orientation ne date pas d’aujourd’hui : selon lui, Pastef l’avait déjà portée en 2014, puis intégrée à son programme présidentiel de 2019, avant de la reprendre dans celui de la coalition Diomaye président.
Selon le Premier ministre, le débat ne vise aucune personne en particulier. Il a insisté sur le fait qu’il n’a jamais été question, dans sa démarche, de supprimer les fonds politiques, mais d’en contrôler l’usage. Il a affirmé qu’aucun centime provenant du peuple sénégalais ne devait être dépensé sans contrôle. Dans ses explications relayées par APS, Ousmane Sonko a ajouté qu’à la Primature, les fonds politiques atteignent 1 milliard 770 millions de francs CFA.
Il a également évoqué une comparaison avec des pays occidentaux comme la France, où, selon lui, ces fonds existent au niveau du Premier ministre et sont suivis par une commission. Dans le même temps, il a indiqué avoir échangé avec le chef de l’État après avoir appris l’existence d’une initiative parlementaire sur le sujet. Ousmane Sonko a dit avoir signalé au président que si l’Assemblée nationale se saisissait de cette question, cela constituerait un échec pour leur régime.
Cette séquence intervient alors que, le 23 mars 2026, le député Guy Marius Sagna avait annoncé le dépôt imminent d’une proposition de loi visant à encadrer les fonds politiques. L’initiative, portée par le groupe parlementaire PASTEF Les Patriotes, devait renforcer la transparence et la redevabilité autour de ces ressources. Interrogé récemment sur leur maintien, Bassirou Diomaye Faye avait pour sa part invoqué des dépenses sensibles liées à la sécurité, au renseignement et aux engagements internationaux.