Le débat sur les crédits spéciaux se poursuit après le rejet, par l’Assemblée nationale dominée par Pastef, de six amendements proposés par l’exécutif.
Cette décision est présentée comme un refus de limiter les moyens politiques liés à ces crédits. Elle conduit aussi à les assimiler, dans l’analyse développée, à de véritables fonds politiques. Le sujet reste sensible au Sénégal, où ces enveloppes sont votées sans ventilation détaillée par chapitre ni indication précise de leur destination.
Deux interprétations sont avancées. Pastef aurait pu vouloir préserver une réserve financière suffisante pour Ousmane Sonko lors des prochaines échéances électorales. Une autre lecture estime que l’adoption des amendements aurait permis au président Bassirou Diomaye Faye de contester la constitutionnalité d’un texte consacré à la fonction présidentielle, mais complété par des dispositions concernant l’Assemblée nationale.
Dans les deux hypothèses, le chef de l’État serait en position de tirer avantage du refus parlementaire. La loi adoptée pourrait ensuite être soumise à un arbitrage par référendum. Senegal7 souligne que Bassirou Diomaye Faye, qui maîtrise le calendrier, pourrait organiser cette consultation à la veille de la présidentielle de 2029.
En mai 2026, le président avait justifié le maintien des fonds politiques par leur utilité pour le renseignement et la solidarité. Ousmane Sonko avait, de son côté, déclaré disposer d’une enveloppe de 1,77 milliard de francs CFA, contre environ 11 milliards pour le président de la République.
