Les fonds politiques, souvent qualifiés de « caisses noires », continuent de susciter des critiques au Sénégal. Babacar Bâ, coordonnateur du Forum du justiciable, a de nouveau interpellé le président de la République pour une réforme en profondeur de ces mécanismes, qu’il juge opaques et contraires aux principes de bonne gouvernance.
Dans une déclaration rendue publique, Babacar Bâ a dénoncé une « anomalie institutionnelle » dans la gestion actuelle des fonds politiques. Selon lui, ces ressources publiques, qui échappent à tout contrôle efficace, favorisent une gestion discrétionnaire et peu transparente. « Alors que des milliards de francs CFA disparaissent dans ces lignes budgétaires, les citoyens continuent de subir la pauvreté et l’injustice sociale », a-t-il souligné, citant Xibaaru.
Cette interpellation intervient alors que le député Guy Marius Sagna, du groupe parlementaire PASTEF Les Patriotes, avait annoncé en mars 2026 le dépôt imminent d’une proposition de loi visant à encadrer ces fonds. Le texte, qui pourrait être examiné dans les prochaines semaines, ambitionne d’instaurer davantage de transparence et de redevabilité dans l’utilisation des deniers publics. Babacar Bâ avait déjà alerté sur ce sujet en août 2025, pointant l’absence de contrôle par l’Assemblée nationale, la Cour des comptes et la justice.
Pour le coordonnateur du Forum du justiciable, une réforme structurelle est indispensable pour soumettre ces fonds à des règles de gestion plus rigoureuses. Une telle mesure permettrait, selon lui, de renforcer la confiance des citoyens envers les institutions et d’assurer une utilisation plus efficace des ressources nationales. Il plaide pour une gouvernance fondée sur la reddition des comptes, afin que chaque franc public serve réellement l’intérêt général.
Les fonds politiques, qui représentent une part importante du budget de l’État, restent un sujet sensible au Sénégal, où les appels à plus de transparence se multiplient.
