Aux États-Unis, un juge fédéral a empêché l’administration de Donald Trump de mettre fin à la protection temporaire contre l’expulsion accordée à des ressortissants yéménites vivant sur le territoire américain. La décision a été rendue vendredi, à quelques jours de l’entrée en vigueur prévue de cette mesure concernant plusieurs milliers de personnes.
Selon les informations rapportées par Al Jazeera, le juge fédéral Dale Ho a statué en faveur d’un groupe de Yéménites qui avait saisi la justice contre le Department of Homeland Security (DHS). Le litige portait sur la fin annoncée du Temporary Protected Status (TPS), un dispositif qui protège temporairement de l’expulsion les ressortissants de pays touchés par des conflits, des catastrophes naturelles ou d’autres situations jugées dangereuses.
La décision du DHS visant les ressortissants du Yémen, annoncée une première fois en février, devait entrer en application lundi. Elle concerne près de 3 000 Yéménites installés aux États-Unis. L’ancienne secrétaire du DHS, Kristi Noem, avait alors déclaré que le Yémen « ne remplissait plus les conditions prévues par la loi » pour conserver cette désignation, malgré des inquiétudes persistantes liées au conflit et à la situation humanitaire dans le pays.
Le TPS est au centre d’un contentieux plus large engagé contre la politique migratoire de Donald Trump. L’administration américaine a cherché à mettre fin à ce statut pour 13 pays, mais plusieurs décisions de justice ont jusqu’ici freiné cette démarche. D’après Al Jazeera, la Cour suprême des États-Unis, à majorité conservatrice, a accepté plus tôt dans la semaine d’examiner un recours de l’administration sur des décisions similaires ayant bloqué la suppression des protections accordées à plus de 350 000 personnes originaires d’Haïti et à 6 100 ressortissants de Syrie.
Le Yémen figure également parmi les 12 pays visés par une interdiction de voyage décidée l’an dernier par l’administration Trump. Par ailleurs, les avis aux voyageurs émis par le département d’État américain déconseillent les déplacements vers le Yémen, la Syrie et Haïti en raison de menaces telles que le terrorisme, les enlèvements et les troubles civils.
Des défenseurs des migrants estiment qu’un retour forcé vers ces pays exposerait les personnes concernées à de graves risques. Citée par l’agence Associated Press dans le contexte de l’affaire à venir devant la Cour suprême, Sejal Zota, cofondatrice et directrice juridique de Just Futures Law, a déclaré : « C’est réellement une question de vie ou de mort. »