Lundi à Dakar, des élus et autorités de pays membres de la CEDEAO ont souligné l’urgence d’accélérer le déploiement des énergies renouvelables pour améliorer l’électrification rurale et dynamiser les économies locales, selon l’APS. Cependant, sur le terrain, les projets stagnent : l’électrification de 1740 villages est bloquée, Banco Santander ayant suspendu les décaissements pour le marché de 37 milliards FCFA, alerte l’ASER.
Ces déclarations ont été faites à l’ouverture d’une réunion de cinq jours de la commission mixte énergie et mines, infrastructures, agriculture, environnement et ressources naturelles du Parlement de la CEDEAO, sur le thème : « Exploiter les énergies renouvelables pour l’électrification rurale et la dynamisation des économies rurales dans la région de la CEDEAO : le rôle du Parlement ».
Guy Marius Sagna, député sénégalais, a plaidé pour « une véritable révolution souverainiste » contre le chômage et la pauvreté. « Il est impossible de régler durablement la problématique du chômage sans disposer d’une électricité suffisante et accessible à un coût abordable », a-t-il affirmé, appelant à investir dans le solaire, l’éolien et l’hydroélectricité.
Fanta Condé, coprésidente de la commission mixte, a indiqué que moins de 40 % des ruraux ont accès à l’électricité dans plusieurs pays, et moins de 10 % dans certaines zones isolées. « Des millions de nos concitoyens vivent encore sans éclairage adéquat, sans possibilité de conserver leurs récoltes ou de développer des activités génératrices de revenus », a-t-elle déploré, rappelant que l’Afrique de l’Ouest dispose de plus de 25 000 MW de potentiel hydroélectrique et d’un ensoleillement parmi les plus élevés au monde.
Mamadou Moustapha Seck, représentant du ministre de l’Intégration africaine, a exhorté les parlementaires à soutenir les mécanismes régionaux comme le Centre pour les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique de la CEDEAO (ECREEE) et le Système d’échanges d’énergie électrique ouest-africain (WAPP), qui connaît des difficultés financières.
Babacar Ndiaye, au nom du président de l’Assemblée nationale du Sénégal, a cité le Sénégal, le Cap-Vert, le Niger et la Côte d’Ivoire comme exemples où les investissements dans les renouvelables ont amélioré l’accès à l’électricité. En juin 2026, l’ASER a mis en service l’électricité dans six localités de Kaffrine, illustrant les progrès malgré les blocages. Billay G. Tunkara, quatrième vice-président du Parlement de la CEDEAO, a insisté sur l’intégration énergétique régionale : « Aucun État ne pourra relever seul les défis énergétiques. »

