« On est assis sur un volcan », prévient Hadja Lahbib, commissaire européenne à la coopération internationale, à l’aide humanitaire et à la réaction aux crises, de retour d’une visite dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC). L’Union européenne a débloqué 170 millions d’euros pour soutenir la riposte sanitaire et humanitaire face à l’épidémie d’Ebola qui sévit dans la région des Grands Lacs.
Une situation explosive à Mongbwalu
Lors de son déplacement à Bunia, épicentre de la maladie, la commissaire a pu constater la gravité de la situation. À Mongbwalu, cité de 130.000 habitants, la population vit dans la peur et le déni. L’OMS a recensé 10 décès confirmés et plus de 900 cas suspects. Les habitants réclament des vaccins, mais aucun n’existe pour le variant Bundibugyo, à l’origine de cette flambée.
L’insécurité persistante complique encore la réponse. L’OMS a mis en garde contre une « collision catastrophique » entre le virus et les conflits armés. Les attaques contre les structures sanitaires entravent le suivi des cas contacts. « Nous ne pouvons pas instaurer la confiance des communautés ni isoler les malades pendant que les bombes tombent », a déclaré le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus.
Lueur d’espoir
Malgré ce contexte dramatique, une première guérison a été annoncée par l’OMS le 27 mai. Un patient a quitté l’hôpital après deux tests négatifs. L’experte de l’OMS Anaïs Legand a souligné qu’un accès précoce aux soins améliore les taux de survie. « Nous nous attendons à ce que davantage de personnes guérissent », a-t-elle ajouté.
Selon RFI Afrique, Hadja Lahbib insiste sur la nécessité d’une réponse globale alliant aide humanitaire et soutien aux structures de santé locales, alors que l’épidémie continue de progresser.

Le dirigeant de ce pays, pour ne pas le nommer, doit comprendre que ses décisions mettent en péril non seulement sa population, mais aussi la santé du monde entier. En pleine menace d’un virus aussi redoutable qu’Ebola, s’entêter à organiser un référendum destiné à lui offrir un troisième mandat relève d’une irresponsabilité flagrante.
Depuis des années, les crises sanitaires impliquant des infections virales rares ou endémiques émergent de cette région. Et chaque fois, la communauté internationale se heurte au même obstacle : une corruption enracinée, systémique, qui neutralise les efforts de prévention et de réponse avant même qu’ils ne puissent produire un effet.
Dans ces conditions, il faut être sans ambiguïté : toute aide internationale sérieuse visant à contenir durablement ces crises devra désormais se faire sans lui, et selon des règles strictes. La santé mondiale ne peut plus dépendre d’un système qui protège le pouvoir avant les populations.
Désormais, une transparence absolue doit être exigée sur la traçabilité des fonds, depuis leur origine jusqu’à leur utilisation finale. Et cette gestion doit être confiée exclusivement à des organismes non étatiques, capables de rendre des comptes, d’auditer chaque dépense et de garantir que chaque ressource sert réellement à protéger les populations.
La lutte contre les épidémies exige des responsables compétents, transparents et engagés. Tant qu’il restera en place, aucune stratégie durable ne pourra aboutir, et aucune aide internationale ne devrait accepter d’être détournée de sa mission première : sauver des vies.