À l’Assemblée nationale, la Déclaration de politique générale (DPG) a été analysée comme un exercice d’équilibre entre transformation du Sénégal et contraintes macroéconomiques. Pour l’économiste Dr Mohamed Ndiaye, le Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lô reste aligné sur le Référentiel national de transformation systémique « Sénégal 2050 ».
Cette analyse économique de la DPG met en avant la continuité stratégique et la stabilité institutionnelle. Selon l’économiste, ces deux éléments sont nécessaires pour rassurer les marchés et les partenaires internationaux. Mais cette orientation se heurte à la pression exercée par la dette sur les marges de manœuvre de l’État, alors même que le calendrier politique et financier du pays impose des choix rapides.
Abdourahmane Sarr avait ainsi mis en garde contre le risque de voir le Fonds monétaire international dévoiler les nouvelles orientations économiques du Sénégal avant la DPG. Il appelait le gouvernement à assumer clairement ses choix et à obtenir le feu vert de l’Assemblée nationale, dans un contexte où la déclaration, attendue avant la fin août, n’était pas encore programmée. La DPG apparaît dès lors comme un acte de clarification politique autant qu’un passage obligé pour donner une base institutionnelle aux décisions économiques.
Le premier chantier identifié concerne donc les finances publiques. Le déploiement du Masterplan devra, d’après Dr Mohamed Ndiaye, être coordonné avec le renouvellement du programme conclu avec le Fonds monétaire international. Dans son analyse publiée par dakar92, il présente aussi le recours au Cadre commun du G20 comme un levier pour rééchelonner les engagements financiers du Sénégal et réduire le poids du service de la dette.
Cette démarche permettrait, selon lui, de conserver des ressources budgétaires pour les investissements prioritaires de « Sénégal 2050 », sans fragiliser la signature financière du pays. Lors d’une conférence internationale à Dakar, Ayib Daffé a lui aussi défendu la Vision Sénégal 2050 face à la crise de la dette, en présentant cette vision et le Plan de redressement économique et social comme les principaux instruments de réponse à la situation. L’enjeu est donc de concilier le désendettement avec la mise en œuvre effective du projet de transformation.
L’économiste insiste parallèlement sur la méthode de gouvernement, fondée sur la compétence, le travail et la rigueur, afin de mieux sécuriser la dépense publique productive et d’améliorer la mobilisation des recettes internes.
Le référentiel issu du programme « Diomaye Président » vise, à ses yeux, une transformation structurelle autour de la souveraineté économique, de la maîtrise des ressources extractives et de la souveraineté alimentaire. Il associe également la justice sociale à l’emploi formel, au soutien aux Pme/Pmi et à l’inclusion financière des jeunes et des femmes.
Dr Mohamed Ndiaye estime enfin que la transmission républicaine observée à l’Assemblée nationale renforce la prévisibilité recherchée par les investisseurs directs étrangers. Cette prévisibilité devra désormais s’accompagner d’arbitrages assumés sur la dette, le financement du plan de redressement et les priorités de « Sénégal 2050 ».
