Don de 500 millions pour les JOJ : une polémique en pleine crise sociale

« Une initiative noble, s’il en est », mais le don de 500 millions des JOJ fait désormais débat au Sénégal. Annoncée le 5 septembre 2026 par le président Bassirou Diomaye Faye, la contribution doit financer l’achat de 200 000 billets pour des jeunes défavorisés, à l’occasion des Jeux olympiques de la jeunesse prévus du 31 octobre au 13 novembre.

La controverse porte d’abord sur la provenance des fonds. Créée par décret en 2025, la Fondation nationale Sénégal Solidaire est présentée comme l’organisme chargé de cette opération. Certains s’interrogent sur ses capacités financières et évoquent l’hypothèse d’un recours aux ressources publiques, sans que cette accusation soit établie.

Dans cette séquence, la Fondation est aussi associée au rôle d’ambassadrices joué par les Premières Dames, même si celles-ci ne sont présentées ni comme fondatrices, ni comme dirigeantes, ni comme membres de ses organes de décision. La mobilisation de ressources auprès de bailleurs internationaux, d’entreprises et de mécènes a été avancée pour expliquer le financement. Cette présentation intervient alors que Lobservateur relève les interrogations entourant l’opération.

La question de l’opportunité du don s’ajoute donc à celle de sa provenance. Le Sénégal est engagé dans un accord financier de 1 243 milliards de francs CFA avec le Fonds monétaire international, alors que les prix des produits alimentaires, les loyers et l’électricité pèsent sur les ménages et que le pouvoir d’achat recule.

Le 6 septembre 2026, une mobilisation contre la vie chère a eu lieu à Dakar. Les revendications portaient notamment sur les difficultés quotidiennes des familles et sur la nécessité de mesures économiques et sociales. Dans ce contexte, l’utilisation de 500 millions de francs CFA pour l’accès aux épreuves des JOJ est jugée difficile à dissocier des urgences sociales par les détracteurs de l’initiative.

Le débat intervient également alors que le PASTEF demande que la gestion et la destination de l’accord financier conclu avec le FMI soient définies et rendues publiques. Le député Guy Marius Sagna a appelé à encadrer les fonds politiques, spéciaux et sociaux afin d’éviter les suspicions autour de montants de cette nature.

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