Diomaye Faye mise sur l’appel à candidatures pour une administration méritocratique

« Une élection confère le pouvoir de gouverner, pas la propriété de l’État », estime Papa Ibrahima Senghor. Dans une contribution consacrée à la gouvernance publique, le Directeur général de la SNR salue l’orientation défendue par le président Bassirou Diomaye Faye.

Le recours à l’appel à candidatures pour des fonctions stratégiques comme la direction de la Caisse des Dépôts et Consignations et celle de l’Autorité de régulation des communications et des postes est présenté comme l’un des engagements de la présidentielle de 2024 désormais mis en œuvre.

Cette volonté s’inscrit dans un mouvement de renouvellement beaucoup plus large de l’appareil administratif. Lors du Conseil des ministres du 10 septembre 2026, 87 nominations ont été approuvées dans plusieurs ministères et structures publiques. Elles prolongent les décisions prises le 2 juillet à la DER/FJ, à Petrosen et à la Somisen, puis lors du Conseil des ministres exceptionnel du 16 juillet, qui avait acté 31 nominations et entraîné notamment le remplacement de plusieurs directeurs généraux, dont Waly Diouf Bodian à la tête du Port autonome de Dakar.

Pour Papa Ibrahima Senghor, cette démarche distingue clairement la conquête du pouvoir politique de la gestion de l’administration. Une alternance, écrit-il, ne devrait pas faire de l’État une extension d’un parti ni transformer les postes publics en récompenses liées aux fidélités politiques.

Les changements intervenus dans plusieurs structures stratégiques donnent un contenu concret à cette recomposition. Aida Mbodj n’est plus déléguée générale à l’Entrepreneuriat rapide des Femmes et des Jeunes : elle a été remplacée par Abdoulaye Niane, expert fiscal. À Petrosen Holding SA, Alioune Gueye a cédé la direction générale à Thierno Seydou Ly. À la Somisen, Ngagne Demba Touré a été remplacé par Mamady Touré, ingénieur géologue et expert minier.

Cette approche accorde une place plus importante aux compétences, aux expériences professionnelles et aux parcours. Elle vise aussi à permettre à l’administration de mobiliser les profils disponibles dans différents secteurs de la Nation, au-delà des seuls réseaux de l’engagement partisan.

La présence de personnalités issues de la haute administration, du droit, de la finance et du secteur privé est citée comme une illustration de cette volonté de mettre l’expertise au service de l’action publique. Les profils retenus à la tête de la DER/FJ, de Petrosen et de la Somisen montrent également que les compétences recherchées peuvent relever de domaines très différents, de la fiscalité à la géologie et à l’expertise minière.

Dans son analyse publiée par leral, Papa Ibrahima Senghor considère que cette méthode dépasse les seules fonctions concernées. Elle adresse notamment aux jeunes Sénégalais le message que le travail, la compétence et le mérite peuvent ouvrir l’accès aux responsabilités publiques.

Il oppose ainsi deux conceptions de l’État : une administration conquise au nom d’un parti et une administration dirigée au nom de la République. L’engagement politique pourrait porter le projet, tandis que l’expertise contribuerait à sa mise en œuvre.

Papa Ibrahima Senghor est membre fondateur de Kiiraay.

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Un commentaire

  1. Et les dg et ministres nommés par transhumance sans aucun appel à candidature ?
    Vraiment au senegal on rigole

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