La montée des discours xénophobes au Sénégal inquiète de plus en plus. Dernière alerte en date, celle de Boubacar Seye, responsable de l’organisation Horizons Sans Frontières (HSF), qui interpelle directement le président Bassirou Diomaye Faye.
Dans une tribune publiée par le site lactuacho, Boubacar Seye lance un appel à Diomaye Faye contre la xénophobie. Il y dénonce la banalisation des propos qui désignent l’étranger comme responsable des difficultés économiques, du chômage ou encore de l’insécurité.
« Nous sommes en train de jouer avec notre identité », prévient l’auteur, qui rappelle que la Téranga, cette valeur d’hospitalité chère au Sénégal, ne saurait se réduire à une image touristique. Pour lui, aimer son pays ne signifie pas détester l’étranger, et défendre les intérêts nationaux ne doit pas conduire à humilier les migrants.
Cette prise de position fait écho aux déclarations de Mamoudou Ibra Kane, leader du mouvement « Demain, c’est maintenant », qui, en juillet 2026, avait déjà dénoncé la haine anti-Guinéens et comparé la situation aux violences xénophobes sud-africaines. Une manière de rappeler que les discours de rejet ne sont pas une tradition sénégalaise.
Boubacar Seye souligne également la contradiction d’un pays dont des millions de ressortissants vivent à l’étranger, parfois confrontés au racisme et aux discriminations. « Nous ne pouvons pas dénoncer la xénophobie lorsqu’elle frappe nos compatriotes et la tolérer ici », fait-il valoir.
Concrètement, l’auteur propose la création d’un Observatoire national du racisme, de la xénophobie et des discours de haine, ainsi qu’une large campagne de sensibilisation. Il invite l’État, la société civile, les universitaires et les représentants religieux à engager un débat national pour préserver la paix sociale.
