Le silence du PDS sur la dette du Sénégal devient de plus en plus difficile à justifier.
Un parti qui a longtemps revendiqué l’héritage de la transparence, de la bonne gouvernance et de la défense des intérêts du peuple ne peut pas aujourd’hui détourner le regard face à une question aussi grave.
La dette du Sénégal n’est pas une affaire secondaire. Elle engage l’avenir du pays, pèse sur les générations futures et impose que toute la lumière soit faite sur les décisions prises au nom de l’État.
Alors, où est le PDS ?
Pourquoi ce silence ? Pourquoi cette prudence ? Pourquoi ne pas exiger publiquement des explications sur la gestion financière du pays ?
On vous a pourtant vus publier des communiqués pour beaucoup moins que cela : sur les fonds spéciaux de la Primature, ou encore pour donner l’ordre de voter NON à un référendum qui n’a finalement jamais eu lieu.
Mais lorsqu’il s’agit de la dette et de la situation réelle des finances publiques, silence radio.
La question devient encore plus gênante lorsqu’on se souvient que certains responsables du PDS ont choisi, au fil des années, de se rapprocher de l’APR. Mais elle ne devrait jamais devenir un contrat de silence.
C’est précisément là que se pose une leçon politique fondamentale : avant de nouer une alliance, il faut réfléchir sérieusement à ce qu’elle implique, à qui l’on s’associe et surtout à la liberté que l’on risque de perdre demain.
Car lorsqu’une alliance vous empêche de poser les questions qui dérangent, ce n’est plus seulement une alliance : c’est une compromission politique.
Le PDS doit donc choisir.
Veut-il être un parti qui observe en silence, ou un parti capable de défendre ses principes même lorsqu’ils mettent ses anciens alliés face à leurs responsabilités ?
Nous demandons au PDS de sortir de l’ambiguïté et de prendre une position claire : demander toute la lumière sur la situation réelle de la dette, exiger l’accès aux documents permettant de retracer les engagements de l’État et soutenir un contrôle parlementaire sérieux et transparent.
Il ne suffit plus de parler de principes dans les meetings. Les principes se mesurent lorsque la vérité dérange les amis, les alliés et les intérêts politiques.
Le Sénégal n’a pas besoin de silences calculés. Il a besoin de responsables politiques capables de regarder les faits en face et de demander des comptes, quel que soit le camp concerné.
Le PDS doit parler. Il doit s’expliquer. Et il doit choisir entre la fidélité à ses principes et la fidélité à ses alliances.
Car en politique, les alliances passent.
Les conséquences, elles, restent.
Hawa Abdoul BA.
PDS.
