Sénégal : Lansana Gagny Sakho alerte sur le coût du financement après la dégradation

Au moment où la notation souveraine du Sénégal s’impose dans le débat public, Lansana Gagny Sakho lie directement ce dossier financier à la situation des entreprises et à la crédibilité de l’État. Dans cette tribune datée de mai 2026, le président du Cercle des Administrateurs Publics et secrétaire général du Centre africain de veille et d’intelligence économique soutient qu’un pays doit tenir sa ligne quand ses indicateurs se dégradent.

Il explique qu’un recul de la note d’un État ne reste pas cantonné aux marchés. La hausse du coût du financement public se répercute sur la capacité du Trésor à mobiliser des ressources concessionnelles. Dans le cas sénégalais, il souligne aussi que les débats sur la trajectoire budgétaire et la communication financière ont renforcé la sensibilité des investisseurs, des bailleurs et des partenaires commerciaux. Africtelegraph relève également que, plus loin dans la tribune publiée par Financial Afrik, il résume l’enjeu en une formule : dans ce type de séquence, ce n’est pas une agence ou un gouvernement qui perd, c’est le pays.

Des entreprises déjà sous pression

Lansana Gagny Sakho décrit un tissu entrepreneurial « exsangue ». Il met en avant l’allongement des délais de paiement de la commande publique et le renchérissement du crédit bancaire. Quand la prime de risque souveraine augmente, écrit-il, les banques commerciales reportent cette hausse sur leurs clients entreprises, avec un impact immédiat sur les PME. Il lie aussi cette fragilisation du secteur privé à une réduction possible de la base fiscale et à un affaiblissement des marges budgétaires de l’État dans les prochaines années.

Ce point intervient dans un contexte déjà tendu. Le 14 novembre 2025, Standard & Poor’s avait abaissé la note du Sénégal de B- à CCC+, en évoquant notamment la hausse des besoins de financement brut, un recours intensif au marché régional à court terme et la montée des charges d’intérêts. Deux jours plus tôt, la prime de risque sur la dette sénégalaise avait atteint 1 077 points de base, un niveau qui fermait l’accès du pays aux marchés internationaux de capitaux.

La tribune appelle aussi à une responsabilité partagée entre autorités budgétaires, régulateurs, acteurs économiques, médias et société civile. Lansana Gagny Sakho plaide pour une communication financière disciplinée, davantage de transparence sur la dette publique et un échange continu avec les partenaires techniques et financiers. Il replace enfin cette exigence dans le cadre régional, alors que l’UEMOA a engagé un cycle de surveillance budgétaire plus strict et que plusieurs États membres restent au-dessus des seuils communautaires de déficit.

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Un commentaire

  1. Merci, Lausanne. Voilà ce qu’on attend d’un haut cadre comme toi. Ce texte est très pédagogique et permet aux profanes comme moi de mieux comprendre ce qui se passe. Continue dans ce sens, tu en as les compétences et les connaissances nécessaires.
    Cette contribution est d’un très haut niveau.
    Merci.

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