PDS : Hawa Abdoul Ba* recadre Pape samba Mboup, défie le tabou des fonds politiques

J’ai lu avec attention la déclaration de Pape Samba Mboup, ancien chef de cabinet du président Abdoulaye Wade. Je respecte son parcours et son droit d’avoir une opinion, mais certains de ses propos méritent, à mon sens, quelques précisions.

D’abord, concernant son appel au PDS à s’allier au président Bassirou Diomaye Faye.

Le PDS est un parti organisé, avec des instances. Les alliances et les choix politiques du parti devraient être discutés et arrêtés par les structures compétentes du parti.

Pape Samba Mboup explique lui-même qu’il a quitté la coalition Diomaye Président avant de revenir au PDS. C’est son choix personnel, que je respecte. Mais un choix personnel ne peut pas devenir une orientation collective pour tout un parti.

S’il souhaite, à titre personnel, soutenir le président Diomaye et appeler à une alliance avec lui, il en a parfaitement le droit. Mais le PDS appartient à ses militants et à ses instances. C’est à elles de décider de la voie à suivre.

Je m’interroge également sur le fait qu’il félicite le président Diomaye d’avoir créé son propre parti.

Est-ce vraiment une chose dont nous devons nous réjouir en tant que Sénégalais ?

Nous avons aujourd’hui un président de la République à la tête de l’Exécutif et un Premier ministre qui a joué un rôle déterminant dans son élection. Que cette relation puisse se détériorer au point de créer une division au sommet de l’État ne devrait réjouir personne.

Lorsqu’on place l’intérêt national au-dessus des calculs politiques, on devrait plutôt souhaiter que le président Diomaye et Ousmane Sonko puissent travailler ensemble, dans le respect des institutions et de leurs responsabilités respectives.

Le Sénégal a besoin de stabilité, pas de divisions au sommet de l’État.

Venons-en maintenant à la question des fonds politiques.

Sur ce sujet, je suis en profond désaccord. Les fonds politiques sont constitués avec de l’argent public, donc avec l’argent des contribuables sénégalais. Nous ne travaillons pas pour alimenter une caisse noire dont le président de la République pourrait disposer sans contrôle ni obligation de rendre compte.

Dire que ces fonds servent à aider les malades ou à financer des évacuations sanitaires ne justifie pas l’absence de transparence.

Si l’État doit aider les citoyens en difficulté, alors ces aides peuvent être organisées dans un cadre public, avec des règles claires et des mécanismes de contrôle. Des ministères et des structures de l’État existent précisément pour répondre à ces besoins.

Pourquoi faudrait-il donc que ces fonds échappent à tout contrôle ?

C’est précisément cette affirmation qui me paraît extrêmement grave.

L’argent public doit être contrôlé et géré avec transparence. Le président de la République, comme tout responsable public, doit rendre compte de son utilisation.

Nous savons aussi que les fonds politiques ont souvent servi, dans notre pays, à entretenir des réseaux politiques, soutenir des militants et préserver des clientèles électorales. C’est justement pour cette raison qu’ils doivent être encadrés.

On peut discuter de leur maintien ou envisager de les réduire si leur suppression totale n’est pas possible. Mais affirmer qu’ils ne peuvent être ni supprimés ni contrôlés est une position qui mérite d’être sérieusement questionnée.

Enfin, il me paraît paradoxal de demander au président Diomaye de maintenir des pratiques anciennes alors que la transparence et la bonne gouvernance faisaient partie des attentes qui ont contribué à son élection.

Les Sénégalais ont voté pour le changement. Ils ont voté pour plus de transparence et pour une meilleure gestion de l’argent public.

On ne peut donc pas, aujourd’hui, demander au président de tourner le dos à ces attentes.

Le PDS doit décider de ses alliances à travers ses instances. Et l’argent des Sénégalais doit être géré dans la transparence et soumis au contrôle.

Au fond, la question est simple : voulons-nous continuer à faire de la politique comme avant, ou voulons-nous réellement construire un Sénégal où l’intérêt général passe avant les intérêts particuliers ?

C’est cette question que nous devons avoir le courage de poser.
*Secrétaire générale fédération Dakar-Plateau du Pds
Secrétaire nationale chargée de l’économie numérique

Votre avis sera publié et visible par des milliers de lecteurs. Veuillez l'exprimer dans un langage respectueux.

";

Laisser un commentaire