Dette cachée : Falilou Coundoul conteste le récit politique et demande un audit global

Au Sénégal, le débat sur la dette publique reste marqué par la notion de « dette cachée ». Le Pr Falilou Coundoul conteste cette lecture politique et demande un examen couvrant l’ensemble des engagements de l’État, alors que le Fonds monétaire international a confirmé une sous-déclaration d’environ 5 milliards de dollars de dette entre 2019 et 2024.

Universitaire, acteur politique et responsable du Think Tank Pragmatisme Social-Démocrate, Falilou Coundoul conteste la dette cachée telle qu’elle s’est imposée dans le débat depuis 2024. Dans une tribune adressée aux 191 signataires d’un texte consacré à l’accord entre le Sénégal et le Fonds monétaire international, il estime que les constats techniques ne suffisent pas à prouver une volonté de dissimulation.

La portée exacte du rapport de la Cour des comptes alimente elle-même la controverse. Son président sortant, Mamadou Faye, a rappelé que l’expression « dette cachée » n’y figure nulle part. Le rapport, dont la publication était prévue en février 2025, fait toutefois état d’une importante dette bancaire contractée en dehors de l’autorisation parlementaire et non retracée dans les lois de finances.

Le professeur s’appuie sur ces discordances entre plusieurs sources et sur les opérations mal retracées dans les comptes publics pour appeler à distinguer les faits établis de leur interprétation politique. Selon lui, une créance connue des prêteurs, remboursée par l’État et identifiable dans les circuits financiers peut avoir été mal enregistrée sans être pour autant clandestine.

Il appelle donc à séparer les irrégularités comptables ou procédurales d’une intention frauduleuse, laquelle devrait être démontrée opération par opération. Il estime aussi que les écarts de montants doivent être étudiés selon les périmètres retenus, notamment lorsque l’analyse inclut l’administration centrale et le secteur parapublic. La confirmation par le FMI d’une sous-déclaration de plusieurs milliards de dollars renforce néanmoins l’enjeu de cet examen, sans trancher à elle seule la question d’une intention de dissimulation.

La polémique porte également sur la demande d’une contribution des créanciers. Pour le responsable du Think Tank, une telle contribution implique nécessairement de modifier les conditions des créances, par exemple en allongeant les maturités, en réduisant les taux ou en différant le remboursement du principal.

La tribune s’intéresse enfin à la dette contractée depuis l’alternance de mars 2024 et appelle à un audit portant sur toute la période. Xibaaru rapporte que le Pr Coundoul déplore l’absence d’accès public au rapport intégral de Forvis Mazars.

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