Lors de sa réunion consacrée à la situation nationale, le Secrétariat exécutif national de l’Alliance pour la République (APR) a réagi à l’accord conclu entre le Sénégal et le Fonds monétaire international (FMI). Le parti de Macky Sall salue cette entente, mais critique la gestion des finances publiques menée depuis plus de deux ans.
Le nouvel accord conclu entre le Sénégal et le FMI porte sur 1 243 milliards de francs CFA. Les négociations avaient débuté en octobre 2025, lors des assemblées annuelles de l’institution. Elles ont porté sur les réformes attendues, la restructuration de la dette et les conséquences de la dette cachée, devenue l’un des points centraux du dossier sénégalais. Dans ses explications, le FMI a aussi mis en avant les défaillances de l’État dans la production et le contrôle des données budgétaires.
La formation estime que l’accord avec le FMI intervient après une longue période de « tergiversations, d’affabulations et de gestion erratique des finances publiques ». Elle considère aussi que la référence à la souveraineté ne peut remplacer une politique économique structurée. Dans cette déclaration rapportée par senenews, l’APR dit attendre du programme du FMI un retour à la stabilité macroéconomique et une amélioration de la viabilité de la dette.
L’APR conteste la dette à 132 % du PIB
Le parti revient sur la controverse liée à la dette dite « cachée ». Selon lui, cette notion relève davantage d’une construction politicienne que d’une réalité économique. L’APR rejette encore le chiffre d’une dette équivalant à 132 % du produit intérieur brut.
L’APR réclame la transparence sur la dette du Sénégal et demande la publication du rapport de l’Inspection générale d’État (IGE), du rapport provisoire de la Cour des comptes ainsi que du rapport Mazars. Le parti appelle également le gouvernement à expliquer le Plan de traitement de la dette du Sénégal (PTDS).
Cette question dépasse toutefois la seule controverse sur les chiffres publiés. La dette extérieure du Sénégal est libellée en devises, ce qui alourdit son remboursement lorsque les équilibres financiers se dégradent. L’économiste Ndongo Samba Sylla a ainsi alerté sur le risque de voir s’installer une austérité comparable à celle observée après la crise de la dette en Zambie. Le traitement de la dette conditionne donc directement la marge de manœuvre budgétaire et les dépenses sociales.
Sur le plan social, l’APR demande au pouvoir de suspendre les mesures d’austérité visant des populations déjà touchées, selon lui, par la précarité et les privations. Il critique notamment le Plan de redressement économique et social (PRES), dont il estime l’échec largement constaté.
Bourses sociales et suppression des subventions
La formation politique se félicite du rétablissement des Bourses de sécurité familiale. Elle rappelle que ce dispositif avait été lancé en 2013 sous le régime de Benno Bokk Yaakaar et suspendu depuis 2024 par le pouvoir actuel.
L’APR refuse toutefois que ces allocations remplacent les subventions, notamment dans le secteur de l’énergie. Le parti redoute que le gouvernement retire, d’un côté, ce qu’il accorde de l’autre. Cette tension figure au cœur des discussions avec le FMI, alors que le redressement budgétaire doit combiner réduction des déséquilibres, restructuration de la dette et protection des ménages.
Pour relancer l’économie, l’APR cite la nécessité de lancer de grands projets dans les infrastructures routières, l’énergie, les universités et les hôpitaux. Elle demande aussi une politique sociale présentée comme ambitieuse et efficace.
Une opposition tournée vers 2029
L’APR réaffirme son appartenance à l’opposition républicaine et annonce vouloir proposer une alternative lors de la reconquête du pouvoir en 2029. Le parti assure ne participer ni à des négociations souterraines ni à des manœuvres politiques menées au détriment des populations.
La formation dit poursuivre la vente de cartes, la constitution de comités et les opérations de mobilisation en vue des prochaines échéances électorales. Elle salue également les élus locaux qui, selon elle, ont choisi de rester fidèles à leurs convictions face aux menaces et au débauchage politique dénoncés dans sa déclaration.
